Technologie : Les géants américains accusent les règles numériques de l’UE

Malgré les critiques acerbes d’Elon Musk et Mark Zuckerberg envers le cadre réglementaire numérique de l’Union européenne, les réactions des responsables européens restent prudentes. Alors que la Commission européenne promet de renforcer l’application du règlement sur les services numériques (DSA), l’échéance de l’investiture de Donald Trump et les tensions politiques internes en Europe compliquent la donne.

Les géants de la technologie sous la pression de l’UE
Face aux critiques émises par Elon Musk, propriétaire de X, et Mark Zuckerberg, patron de Meta, les dirigeants européens optent pour une réponse mesurée. Le cadre réglementaire numérique de l’Union européenne, perçu comme une entrave par ces figures de la tech américaine, est défendu comme un outil solide pour garantir la modération des contenus en ligne et la concurrence équitable.

Lors d’un entretien avec Joe Rogan le 11 janvier, Zuckerberg a qualifié les règles numériques européennes de « censure » et comparé la politique de la concurrence à « un tarif douanier ». Il a également encouragé l’administration américaine, sous la présidence imminente de Donald Trump, à protéger les entreprises technologiques américaines des contraintes imposées par le Digital Services Act (DSA).

Malgré ces attaques, les réactions des ministres européens, dont l’Allemand Volker Wissing et la Française Clara Chappaz, ont été limitées. Chappaz a toutefois affirmé que l’UE disposait désormais des outils nécessaires pour contrer efficacement les géants technologiques américains.

La Commission face à un défi politique
La vice-présidente exécutive de la Commission européenne, Henna Virkkunen, a qualifié les propos de Zuckerberg de « trompeurs ». Pendant ce temps, les tensions politiques internes en France et en Allemagne, combinées à l’absence de la présidente Ursula von der Leyen en raison de pneumonie, placent la Commission dans une position délicate.

Par ailleurs, Donald Trump a récemment menacé d’imposer des droits de douane allant jusqu’à 20 % sur les produits européens.

Meta et X sous enquête
La Commission européenne examine les récents changements opérés par Meta sur Facebook et Instagram, notamment une mise à jour des politiques de modération qui suscite des inquiétudes, en particulier au sujet de potentielles discriminations envers la communauté LGBTQIA+.

Elon Musk, de son côté, a été critiqué pour ses interactions publiques avec des figures politiques controversées en Allemagne et pour six violations présumées du DSA par son réseau social X. Ces infractions pourraient entraîner des amendes allant jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial de l’entreprise.

En mai dernier, l’UE avait déjà ouvert une enquête sur la protection des mineurs sur Facebook et Instagram, et d’autres investigations pourraient suivre en 2025 si les géants technologiques ne se conforment pas pleinement au DSA.

Clara Höser

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