Ce 20 janvier 2025, Donald Trump, élu 47e président des États-Unis d’Amérique après sa victoire face à Kamala Harris, a prêté serment lors d’une cérémonie au Capitole. Dans un discours de trente minutes, il a exposé sa vision pour le pays, marquée par des annonces polarisantes et des promesses de rupture avec l’administration Biden.
« Il n’y a que deux sexes » : fin des aides pour les personnes transgenres
Lors de son discours, Donald Trump a affirmé que les États-Unis d’Amérique ne reconnaîtraient désormais que « deux sexes, mâle et femelle », définis à la naissance. et a annoncé, de fait, la fin des aides fédérales destinées aux personnes dites « transgenres » et des programmes visant à promouvoir la diversité dans les institutions publiques.
« À partir d’aujourd’hui, la politique officielle du gouvernement des États-Unis sera qu’il n’y a que deux sexes », a-t-il déclaré, dénonçant ce qu’il appelle le « délire transgenre ». Ces mesures incluent la suppression du genre « X » sur les documents officiels, une possibilité introduite sous Joe Biden. Ces annonces s’inscrivent dans une volonté plus large de Donald Trump de mettre un terme à ce qu’il considère comme des excès des politiques de diversité et d’inclusion.
Retour aux énergies fossiles : fin des incitations pour les véhicules électriques
Le président a également annoncé des changements majeurs en matière d’énergie. Il a mis fin aux incitations pour l’achat de véhicules électriques, déclarant : « C’est fini ! Vous pourrez désormais acheter la voiture que vous voulez. »
Il a proclamé une « urgence énergétique nationale » et promis de relancer l’exploitation des énergies fossiles. « Nous allons forer, forer, et encore forer », a-t-il martelé, assurant que les États-Unis d’Amérique deviendraient le plus grand exportateur de pétrole et de gaz au monde.
En parallèle, il a annoncé le retrait des États-Unis d’Amérique de l’accord de Paris sur le climat, revenant ainsi sur les engagements environnementaux pris par son prédécesseur – qui était lui-même revenu sur les actions de Trump, lors de son premier mandat durant lequel il avait déjà retiré son pays des accords sur le climat.
Immigration : fin du droit du sol et expulsion massive des sans-papiers
Donald Trump a signé un décret remettant en cause le droit du sol, garanti par le 14e amendement, qui permettait jusqu’ici à toute personne née sur le sol états-unien d’obtenir la citoyenneté. Ce décret empêcherait désormais les enfants de parents sans nationalité états-unienne ou sans statut de résident permanent d’être considérés comme citoyens du pays.
Cette décision a immédiatement été contestée par 18 États démocrates, dont la Californie et New York, qui ont porté plainte. Rob Bonta, procureur général de Californie, a dénoncé une mesure « anticonstitutionnelle et antiaméricaine ».
En parallèle, le président Trump a promis d’expulser « des millions et des millions » d’immigrants en situation irrégulière, affirmant que toutes les entrées illégales seraient bloquées immédiatement.
Levée des sanctions contre les colons israéliens
Donald Trump a révoqué un décret signé par Joe Biden qui imposait des sanctions financières à des colons israéliens impliqués dans des violences en Cisjordanie. Cette décision a suscité l’indignation de l’Autorité palestinienne (le Fatah), qui a dénoncé un encouragement à l’escalade des violences.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est dit « profondément préoccupé » par cette décision, soulignant qu’une annexion de la Cisjordanie par Israël constituerait une violation grave du droit international. D’ailleurs, depuis, Israël a annoncé une opération militaire en Cisjordanie.
Grâces présidentielles pour les assaillants du Capitole
Dans un geste symbolique, Donald Trump a annoncé qu’il accorderait des grâces présidentielles aux personnes condamnées pour leur rôle dans ce que les anti-Trump ont appelé, par exagération « l’assaut » du Capitole, le 6 janvier 2021. « Ce soir, je vais signer des grâces pour les otages du 6 janvier », a-t-il déclaré.
Politique étrangère et ambitions spatiales
Donald Trump a également évoqué ses ambitions internationales, affirmant vouloir reprendre le contrôle du canal de Panama, qu’il accuse la Chine d’exploiter, et plantant le décor pour une expansion spatiale états-unienne sur Mars.
Il a assuré que les astronautes états-uniens planteront « la bannière étoilée sur la planète rouge », un projet mené avec Elon Musk, son proche allié désormais impliqué dans le gouvernement, mais qui n’est, techniquement, qu’une chimère, un fantasme de « gosse biberonné à la science-fiction » et/ou converti à la croyance du « scientisme », et ne pourra donc pas aboutir.
Un mandat clivant et plein de promesses
Dans son discours, Donald Trump a réitéré son slogan de campagne, «Make America Great Again », en affirmant que « le déclin de l’Amérique est terminé ». Cependant, ses décisions radicales, notamment sur les questions de genre, d’immigration, d’énergie et de politique étrangère, annoncent un mandat qui divise profondément les États-Unis d’Amérique et inquiète une partie de la communauté internationale – en fait, uniquement celle constituant le pseudo progressisme et faisant partie du « système » mondial, essentiellement occidental, qui gouverne « le Monde ».
Didier Maréchal & Christian Estevez