Une nouvelle étude révèle que l’univers s’étend plus vite que prévu, remettant en cause les modèles actuels de cosmologie et ravivant le débat sur les origines du cosmos.
La cosmologie est en ébullition. La « tension de Hubble », au cœur des débats entre astrophysiciens, vient de franchir un nouveau cap. Cette tension, qui désigne l’écart entre deux méthodes de calcul du taux d’expansion de l’univers, pourrait remettre en cause les fondements de notre compréhension de l’origine du cosmos. Alors que la constante de Hubble permet de mesurer l’expansion de l’univers, une récente étude publiée le 15 janvier dans The Astrophysical Journal Letters explique que cette expansion se fait à un rythme plus rapide que prévu.
Selon Dan Scolnic, professeur associé de physique à l’Université Duke et principal auteur de l’étude, ce phénomène transforme la tension en véritable « crise » scientifique. « Notre modèle de cosmologie pourrait être brisé », déclare-t-il, soulignant l’importance de revoir les bases de la théorie du Big Bang.
Pour étayer cette hypothèse, Scolnic et son équipe ont utilisé une « échelle cosmique » reposant sur les observations de l’instrument spectroscopique d’énergie noire (DESI). Installé dans l’observatoire de Kitt Peak, en Arizona, cet instrument scrute plus de 100.000 galaxies. Ces données ont permis de calculer avec une précision les distances entre la Terre et Coma, un amas galactique proche.
Cette avancée permet de réévaluer la constante de Hubble et d’envisager un ajustement des modèles cosmologiques actuels. « Une fois les résultats obtenus, j’ai tout laissé tomber pour m’y consacrer pleinement », confie Scolnic. La suite ? Les scientifiques espèrent affiner leurs calculs grâce à de futurs programmes visant à explorer les amas galactiques les plus proches.
En conséquence, certains prônent la prudence, d’autres voient dans cette étude une opportunité de remettre à jour notre vision des origines de l’univers.
Clara Höser