Covid 19 : la CIA privilégie l’hypothèse d’une fuite de laboratoire à Wuhan concernant l’apparition du virus

La CIA a annoncé, dans un communiqué publié ce 25 janvier, qu’elle considère désormais comme “probable” l’hypothèse d’une fuite de laboratoire à Wuhan, en Chine, comme origine de la pandémie de Covid-19.

Cette déclaration marque un tournant dans la position de l’agence états-unienne, qui se montrait jusqu’à présent prudente face aux différentes théories en concurrence sur l’émergence du virus, affirmant, officiellement, que celle-ci était de l’ordre de la théorie du complot.

Un changement de position sans nouvel élément

Ce nouvel avis sur l’origine de l’apparition du Covid-19 repose sur un réexamen approfondi des conditions de travail dans les laboratoires de haute sécurité de Wuhan au moment de l’apparition de la pandémie. Cependant, aucun élément tangible supplémentaire n’a été découvert, précisent les responsables de la CIA.

L’évaluation, déclassifiée par le nouveau directeur de la CIA, John Ratcliffe, nommé par Donald Trump, a été commandée par Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale de l’administration Biden. Cette réévaluation intervient cinq ans après le début de la pandémie, qui a causé la mort de plus de 7 millions de personnes dans le monde, dont 1,2 million aux États-Unis d’Amérique.

Une communauté du renseignement divisée

L’origine du Covid-19 reste une question controversée, divisant la communauté états-unienne du renseignement. Selon le « Wall Street Journal », cinq agences, dont le National Intelligence Council et la Defense Intelligence Agency, estiment que la pandémie pourrait être d’origine naturelle, bien qu’aucun animal hôte n’ait été identifié. Le FBI, pour sa part, considère avec une “certitude relative” qu’une fuite de laboratoire est une explication plausible.

Cette division s’explique en partie par le manque de coopération du gouvernement chinois dans les enquêtes internationales. La Chine, qui rejette fermement les accusations, qualifie ces hypothèses de “manipulation politique”.

Un débat politisé depuis le début

Le débat sur les origines du virus a été fortement politisé depuis 2020. Lors de son premier mandat, Donald Trump qualifiait le SARS-CoV-2 (nom scientifique du Covid-19 – ndlr) de “virus chinois” et accusait Pékin d’en être responsable, tandis que ses opposants démocrates l’accusaient de détourner l’attention de sa gestion de la pandémie.

Les tensions autour de cette question se ravivent alors que plusieurs figures critiques des mesures de santé publique prises pendant la pandémie accèdent désormais à des postes-clés. Parmi eux, Robert F. Kennedy Jr, un opposant notoire aux vaccins contre le Covid-19, nommé ministre de la Santé par Trump.

Réactions de la Chine

Le porte-parole de l’ambassade de Chine à Washington, Liu Pengyu, a réagi en dénonçant les déclarations de la CIA comme “infondées et motivées politiquement”. Il a ajouté : “Nous appelons à respecter la science et à rejeter les théories du complot.”

Un sujet géopolitique sensible

Cette nouvelle évaluation de la CIA pourrait exacerber les tensions déjà existantes entre les États-Unis d’Amérique et la Chine. John Ratcliffe, à la tête de la CIA, accuse l’administration Biden d’avoir minimisé l’hypothèse d’une fuite pour éviter d’aggraver les relations avec Pékin.

Alors que les origines du Covid-19 restent incertaines, la politisation de cette question continue d’alimenter les débats scientifiques, diplomatiques et politiques.

Didier Maréchal

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