Libération d’Auschwitz : Une exposition à Paris dévoile les photos du fonctionnement du camp prises par les nazi

Le 27 janvier 1945, l’Armée rouge libérait Auschwitz-Birkenau, mettant fin à l’un des pires crimes de l’histoire de l’Humanité. En ce 80e anniversaire de la libération du camp de concentration par l’Union Soviétique, le mémorial de la Shoah à Paris présente une exposition poignante intitulée « L’Album d’Auschwitz ». À travers près de 200 photographies prises par les nazi eux-mêmes, l’exposition dévoile les horreurs du camp. Ces images ont joué un rôle majeur dans la condamnation des responsables du génocide.

Ce lundi 27 janvier, le monde commémore les 80 ans de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, un symbole de la barbarie nazie. En janvier 1945, l’Armée rouge libérait environ 7 000 prisonniers du camp, alors que plus d’un million de personnes, principalement des Juifs, y ont perdu la vie entre 1940 et 1945. En parallèle, un hommage est rendu à Paris au Mémorial de la Shoah, où une exposition d’une rare intensité est présentée. Celle-ci repose sur L’Album d’Auschwitz, un ensemble de près de 200 photos prises par les nazis eux-mêmes, montrant la manière dont ils ont organisé et exécuté leurs crimes.

Des photos prises pour « montrer comment le travail se déroule »

Au printemps 1944, alors que le Reich était déjà affaibli, de nouveaux convois de déportés, principalement des Juifs hongrois, arrivaient à Auschwitz. À leur descente du train, les prisonniers étaient triés, et chaque étape de ce processus inhumain était soigneusement documentée. Ces 197 clichés, pris par les nazis, illustrent le fonctionnement effroyable et déshumanisant du camp. Sophie Nagiscarde, directrice des activités culturelles au Mémorial de la Shoah, explique que ces photos avaient pour but de « montrer comment le travail se déroule », suivant ainsi les instructions reçues par les bourreaux.

Un témoignage utilisé lors des procès

L’album n’a pas disparu dans les méandres de l’histoire. Une déportée a réussi à mettre la main dessus lors de la libération d’un autre camp. Ces photos ont servi de preuves pour condamner des criminels de guerre nazis, notamment Adolf Eichmann, responsable de la logistique de la « solution finale ». Alain, un visiteur de l’exposition, témoigne, avec émotion, de la mémoire de ses grands-oncles déportés : « Je souris… c’est idiot de sourire, parce qu’on a envie de pleurer. Ces photos, c’est une tâche, une tâche dans l’histoire de l’humanité. »

Clara Höser

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