Ce 29 janvier, les nouvelles autorités syriennes ont annoncé la nomination du terroriste Ahmed al-Charaa, également connu sous le nom de guerre d’Abou Mohammed al-Joulani, en tant que président intérimaire du pays. Cette décision fait suite à la chute du régime de Bachar al-Assad, survenue le 8 décembre 2024, et marque un tournant dans l’histoire politique de la Syrie qui est, à présent, dirigée par une autre dictature, mais islamiste et terroriste, celle-là.
Dans un communiqué officiel diffusé par l’agence de presse étatique Sana, les autorités, en plus d’avoir indiqué que le chef terroriste islamique Ahmed Al-Charaa a été proclamé, de façon unilatérale, président par intérim de la Syrie, ont également annoncé la dissolution de tous les groupes armés ayant participé à l’offensive contre le régime de Bachar al-Assad, ainsi que de l’armée de l’ancien pouvoir déchu. Ces groupes et structures doivent désormais être intégrés aux institutions de l’État. Par ailleurs, la dissolution du parti Baas, qui a dirigé la Syrie pendant plus de 60 ans, a également été ordonnée.
Le « processus de transition » est déjà en marche. Les nouvelles autorités ont décidé de geler la Constitution de 2012 et de dissoudre l’ancien Parlement, avec la création imminente d’un conseil législatif intérimaire. Ahmed al-Charaa est chargé de former ce conseil, dont la durée de la mission n’a pas été précisée (mais lui-même ayant indiqué, dans une interview à « Al Arabia news » qu’il n’y aurait pas d’élections avant trois à quatre ans – ndlr).
Réorganisation de l’armée et de la sécurité
Dans le cadre de cette transition, l’armée du régime déchu sera également dissoute afin de préparer la reconstruction de l’armée syrienne. Un nouveau système de sécurité sera mis en place pour garantir la sécurité des citoyens, en remplacement des agences de sécurité de l’ancien régime, qui sont elles aussi dissoutes.
Ahmed al-Charaa, en tant que président intérimaire, assumera également la responsabilité de représenter la Syrie dans les forums internationaux. Ces mesures surviennent après une rencontre avec plusieurs chefs de factions armées et les forces de la révolution syrienne (c’est à dire, uniquement des groupes militaires islamistes – ndlr), qui marquent le début de la phase de transition vers un nouveau gouvernement. Le processus, qui inclut la rédaction d’une nouvelle Constitution et la relance de l’économie, est censé durer trois mois.
Un avenir incertain pour la Syrie
Ce changement radical dans le paysage politique syrien ouvre la voie à une réorganisation complète des institutions du pays, sous l’égide d’un gouvernement intérimaire. Si les autorités actuelles promettent une reconstruction, la Syrie se trouve néanmoins à un carrefour incertain, avec des défis majeurs en matière de gouvernance, de reconstruction économique et de stabilité sociale. Le monde attend désormais de voir comment ce gouvernement intérimaire parviendra à unir un pays profondément divisé et à répondre aux attentes de la population en matière de paix et de prospérité.
Didier Maréchal & Christian Estevez