Norvège : la coalition gouvernementale tombe sur fond de désaccords sur l’énergie européenne

Le gouvernement norvégien a vu sa coalition se disloquer le 30 janvier, suite à des divergences internes concernant l’application de certaines directives européennes sur l’énergie.

Le Parti du centre, opposé à ces mesures, a quitté la coalition, laissant ainsi le Parti travailliste du Premier ministre Jonas Gahr Store gouverner seul jusqu’aux élections législatives prévues en septembre. Ce départ affaiblit cependant la position du gouvernement au Parlement, le système politique norvégien ne permettant pas la dissolution du Parlement pour organiser des élections anticipées.

Un conflit sur la souveraineté et l’énergie européenne

Le cœur du conflit réside dans l’opposition du Parti du centre, eurosceptique, à l’application de trois directives du quatrième paquet énergie européen. Ces directives concernent les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique générale et celle des bâtiments. Le Parti du centre, qui défend les intérêts des zones rurales, prône un « contrôle national accru » sur l’énergie et s’oppose à ce qu’il considère comme un transfert de souveraineté à l’UE. Le chef du parti, Trygve Slagsvold Vedum, a souligné que la Norvège ne devrait pas donner plus de pouvoir à l’UE sur son marché de l’électricité, qu’il juge dysfonctionnel. En conséquence, Vedum a décidé de céder son poste de ministre des Finances, après avoir quitté le gouvernement.

Bien que la Norvège ne soit pas membre de l’Union européenne, elle fait partie de l’Espace économique européen (EEE), ce qui l’oblige à respecter de nombreuses législations européennes. Le Parti travailliste, de son côté, soutient que l’application de ces directives serait bénéfique pour les entreprises norvégiennes et n’aurait aucune incidence sur les prix de l’électricité.

La position de Jonas Gahr Store et les enjeux des élections législatives

Jonas Gahr Store a regretté la rupture avec ses alliés et a exprimé son souhait d’une issue différente. Le Premier ministre estime que l’application des directives européennes permettrait de maintenir des relations solides avec Bruxelles, en particulier dans le contexte d’une guerre commerciale qui pourrait opposer les États-Unis à l’UE. La Norvège, qui exporte une grande partie de ses biens vers l’Union européenne, redoute que ses entreprises subissent des sanctions économiques en cas de guerre commerciale.

Les dissensions sur la politique énergétique mettent en lumière un contexte politique tendu, avec des élections législatives qui approchent à grands pas. Le Parti du centre, en difficulté dans les sondages, pourrait utiliser cette question comme levier pour se renforcer avant les élections prévues le 8 septembre. Pour M. Store, cette crise offre également l’opportunité de faire face à la contestation grandissante au sein de son propre camp, également affaibli par les enquêtes d’opinion.

Ainsi, la scission au sein du gouvernement norvégien reflète des divergences profondes sur la politique énergétique et les relations avec l’Union européenne, des enjeux qui continueront de marquer le paysage politique norvégien à l’approche des élections.

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