Dans une affaire sordide qui a choqué l’Allemagne, un couple a été condamné à la perpétuité pour le double meurtre de deux réfugiées ukrainiennes, une mère et sa fille, dans le but de s’approprier leur bébé. Les tragiques événements ont eu lieu dans la nuit du 6 au 7 mars 2024, près du lac de Bad Schönborn, à 120 km au nord-est de Strasbourg.
L’histoire avait commencé de manière tragiquement banale. Le couple allemand, un homme de 43 ans et son épouse de 45 ans, avaient fait la connaissance des deux femmes – une Ukrainienne de 51 ans et sa fille de 27 ans, enceinte de quelques semaines – à travers un groupe de solidarité en ligne, sur Telegram. L’homme et sa femme avaient répondu à l’appel de la jeune femme enceinte à la recherche d’une interprète pour l’aider dans les démarches liées à l’accouchement.
Ce qui semblait un acte de solidarité se transforma en un drame épouvantable. Le couple, qui vivait avec ses quatre enfants, nourrissait depuis longtemps le désir d’adopter une autre fille, une idée que la mère voulait ardemment. Leur projet se transforma en une obsession qui les mena à commettre l’impensable. L’homme, un consommateur régulier d’amphétamines, fut convaincu par l’insistance de sa femme. Après la naissance du bébé, ils invitèrent les deux réfugiées à un dîner pour fêter l’événement.
Ce qui devait être un moment de convivialité se transforma en une horreur. Lors du dîner, le couple eut recours à des sédatifs qu’ils administrèrent aux deux femmes sans leur consentement. Une fois inconscientes, elles furent tuées à coups de marteau en caoutchouc. La grand-mère fut jetée dans le lac, tandis que le corps de la mère fut brûlé près du Rhin.
Le nourrisson, qui avait été brièvement pris en charge et choyé par le couple, a été récupéré indemne par les autorités. La protection de l’enfance a immédiatement pris le bébé en charge après la découverte du crime.
Dans le cadre de ce procès macabre, le couple a été condamné à la perpétuité sans possibilité de libération anticipée. Les motivations de ce crime sont liées à un désir malsain d’adopter un enfant, poussé par la volonté de la mère et l’adhésion aveugle de son mari. La communauté internationale, ainsi que les autorités locales, ont exprimé leur choc et leur horreur face à cette tragédie.
Ce crime affreux soulève des questions profondes sur l’exploitation des réfugiés, l’obsession de certains individus pour des enfants qu’ils ne peuvent avoir naturellement, et la capacité d’une société à repérer de tels drames avant qu’ils ne se produisent.
Joseph Kouamé