Environ 190 immigrants vénézuéliens, dont des membres supposés du gang « Tren de Aragua », ont été rapatriés depuis les États-Unis d’Amérique vers le Venezuela. Le président Nicolas Maduro présente ce retour comme un pas vers un rapprochement avec Washington.
Près de 190 immigrants vénézuéliens expulsés des États-Unis ont atterri ce lundi 10 février au soir à l’aéroport de Maiquetia, au nord de Caracas, à bord de deux avions affrétés par le gouvernement vénézuélien. Certains passagers ont exprimé leur joie en levant les bras en signe de célébration, tandis que d’autres, menottés durant le vol, ont été libérés avant de descendre sur le tarmac, sous haute surveillance policière et militaire.
Nicolas Maduro s’est félicité de cette opération, y voyant « un pas favorable » vers le rétablissement des relations diplomatiques avec Washington, rompues depuis 2019. Caracas avait suspendu les vols de rapatriement depuis les États-Unis au début de l’année 2024, mais la visite d’un émissaire américain fin janvier semble avoir relancé les discussions.
Le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello a indiqué que parmi les rapatriés figuraient des membres supposés du gang Tren de Aragua, un puissant groupe criminel. Le gouvernement vénézuélien assure que ces individus feront l’objet d’une « enquête rigoureuse », tout en dénonçant un « discours faux et malveillant » visant à stigmatiser l’ensemble des migrants vénézuéliens.
Ce rapatriement intervient dans un contexte de tensions entre Washington et Caracas. Donald Trump, fraîchement investi pour un second mandat, a promis une politique migratoire drastique, avec des expulsions massives de sans-papiers, notamment d’Amérique latine. Il a décidé de retirer le statut de protection temporaire dont bénéficiaient environ 600.000 Vénézuéliens aux États-Unis. Plus de 7,8 millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays ces dix dernières années, selon l’ONU.
La semaine dernière, un avion du gouvernement Maduro a été confisqué en République dominicaine, une action vivement condamnée par Caracas. Cette confiscation, qui fait suite aux sanctions imposées par les États-Unis d’Amérique en 2019 dans le but de déstabiliser le régime de Nicolás Maduro, intervient moins d’un an après un premier incident similaire. L’événement a suscité une vive réaction de Caracas, qui a qualifié M. Rubio de « voleur ».
Outre les États-Unis d’Amérique, une grande partie de la communauté internationale ne reconnaît pas la victoire de Nicolas Maduro à l’élection présidentielle de juillet 2024. Cette victoire contestée a entraîné d’importantes manifestations et des violences, qui se sont soldées par 28 morts, 200 blessés et 2 400 arrestations. Caracas a affirmé que près de 2 000 prisonniers avaient été libérés après les troubles, mais la situation demeure tendue.
Clara Höser