France : Sophie Pommier ,ex-conseillère du Quai d’Orsay, jugée pour « apologie du terrorisme » après des propos polémiques sur l’attaque du Hamas en Israël

Sophie Pommier, ancienne collaboratrice du ministère des Affaires étrangères, comparaît ce mercredi 12 février devant le tribunal correctionnel de Paris pour « apologie du terrorisme », après avoir, entre autres, comparé le Hamas à la résistance française dans une publication sur Instagram.

Une publication controversée

Le 8 octobre 2023, soit au lendemain de l’attaque du Hamas contre Israël, Sophie Pommier avait partagé un message sur Instagram sous une image de drapeau palestinien :« Trop c’est trop ! Des décennies d’occupation et d’humiliations, d’injustice, de provocation des colons… »

Dans ce texte, elle justifiait implicitement l’attaque du Hamas, s’interrogeant sur l’absence d’alternative pour les Palestiniens et comparant leur action à celle des résistants français durant la Seconde Guerre mondiale :« La résistance, chez nous, c’était magnifique, mais quand il s’agit des Palestiniens, c’est du terrorisme ? »

Ces propos ont suscité une vive polémique, notamment après une plainte déposée par l’association de la Jeunesse française juive. L’affaire a conduit à son renvoi devant la 30e chambre correctionnelle de Paris.

Une peine maximale encourue

Le parquet accuse Sophie Pommier d’avoir présenté l’attaque du Hamas sous un jugement favorable, en établissant un parallèle entre le mouvement palestinien et les combattants français contre l’occupation nazie.

Selon la Cour de cassation, « présenter deux camps opposés, revendiquant chacun une légitimité subjective dans un contexte d’actes terroristes, constitue une infraction ».

L’ancienne conseillère du Quai d’Orsay risque jusqu’à sept ans de prison et 100 000 euros d’amende, la diffusion sur Internet constituant une circonstance aggravante.

Un précédent juridique et une condamnation politique

L’affaire rappelle la condamnation de Dieudonné en 2015, après qu’il avait posté sur Facebook se sentir « Charlie Coulibaly » au lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo. La justice avait estimé qu’il plaçait victimes et terroristes sur un pied d’égalité, constituant ainsi une apologie du terrorisme.

De plus, Sophie Pommier s’était déjà illustrée par son activisme pro-palestinien. En novembre 2023, une vidéo la montrait en train de déchirer des affiches d’otages israéliens du Hamas dans une rue de Paris, en scandant « Israël assassin ! ». Face aux critiques, le Quai d’Orsay avait pris ses distances, dénonçant son comportement « incompatible avec la participation à la politique étrangère française ».

Une audience sous haute tension

Le procès s’inscrit dans un climat tendu, marqué par la montée des tensions autour du conflit israélo-palestinien. Alors que l’affaire Jean-Paul Delescaut – condamné pour un tract de soutien aux Palestiniens – a déjà marqué la jurisprudence, le jugement de Sophie Pommier pourrait faire jurisprudence sur les limites de la liberté d’expression en matière de discours politique et de conflit armé.

Didier Maréchal

Laisser un commentaire