Trois orphelins français nés de parents jihadistes rapatriés de Syrie

Trois enfants français, orphelins de jihadistes, ont été rapatriés en France ce lundi 17 février après avoir passé cinq ans dans un orphelinat à Damas, en Syrie. Âgés de six, onze et douze ans, ces trois frères et sœurs ont survécu à la guerre, aux bombardements et à l’errance avant d’être placés sous la tutelle du régime syrien après la mort de leurs parents en 2019.

Leur retour en France marque la fin d’un long combat pour leurs proches, qui attendaient ce moment depuis des années. « Cinq années, c’est tellement long ! Pour eux, mais aussi pour leurs familles en France, qui ont maintenu un lien avec eux. Ces enfants n’arrivent pas en France sans repères », a déclaré leur avocate, Me Marie Dosé. « Il était vraiment temps qu’ils rentrent. »

Un rapatriement longtemps retardé

Paris justifie ce délai en expliquant que les relations diplomatiques avec le régime de Bachar el-Assad, tombé il y a deux mois, rendaient tout rapatriement impossible. Toutefois, cet argument est contesté par Me Dosé : « J’ai du mal avec cette justification, car il n’y a pas non plus de relations diplomatiques avec le Nord-Est syrien, qui n’est pas un État souverain, et pourtant 169 enfants y ont été rapatriés en 2022 et 2023. »

Cette région du Nord-Est de la Syrie, contrôlée par les forces kurdes, abrite encore environ 120 enfants français et leurs mères jihadistes, détenus dans des camps. Leur sort reste incertain, alors que la France adopte une approche au cas par cas concernant les rapatriements.

Le retour de ces trois orphelins soulève une nouvelle fois la question du sort des autres enfants français encore présents en Syrie, dans des conditions précaires. S’il s’agit d’une avancée, ce rapatriement met en lumière les limites et la lenteur de la politique française en la matière.

Laisser un commentaire