Tensions diplomatiques : les États-Unis d’Amérique boycottent le sommet du G20 en Afrique du Sud

Les relations entre Washington et Pretoria continuent de se détériorer. Cette semaine, le diplomate états-unien, Marco Rubio, a annoncé qu’il boycotterait la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20, qui se tient en Afrique du Sud. Cette décision marque une rupture significative entre les deux nations et soulève des questions sur l’engagement des États-Unis d’Amérique envers les instances multilatérales.

Un boycott aux implications lourdes

Il s’agit de la première réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 depuis que l’Afrique du Sud a pris la présidence du groupe en décembre dernier. L’absence des États-Unis d’Amérique envoie un signal fort sur la fragilité des relations entre les deux pays.

Le professeur Daniel D. Bradlow, de l’Université de Pretoria, a analysé la situation en ces termes :« Le G20 est un groupe à adhésion volontaire. Si un pays important comme les États-Unis ne participe pas, c’est un signe négatif. D’un autre côté, il s’agit du début de l’administration Trump, et cette réunion coïncide avec la question du projet de loi sur l’expropriation. Il est donc possible que ce soit davantage un coup politique qu’une réelle opposition diplomatique, mais cela reste un développement préoccupant. »

L’expropriation des terres au cœur du conflit

La semaine dernière, le président Donald Trump a signé un décret supprimant l’aide états-unienne au gouvernement sud-africain. Il a justifié cette décision en dénonçant une nouvelle loi sud-africaine permettant l’expropriation de terres privées, une mesure qu’il affirme viser principalement les Afrikaners, descendants des colons néerlandais. Cette prise de position a exacerbé les tensions entre les deux pays.

Washington accuse également Pretoria d’« antiaméricanisme », une critique qui a été reprise par le secrétaire d’État états-unien pour justifier l’absence de Marco Rubio à la réunion du G20.

Quel impact sur l’avenir du G20 ?

Les États-Unis d’Amérique sont censés succéder à l’Afrique du Sud à la présidence du G20 l’année prochaine. En principe, ils devraient donc jouer un rôle de soutien dans l’organisation du sommet de cette année.

Pour le professeur Bradlow, cette absence est stratégique mais risquée :« Commencer par ne pas assister à la première réunion des ministres des Affaires étrangères n’est pas la meilleure manière d’entamer cette transition. Les grandes puissances comme la Chine chercheront toujours à combler un vide si les États-Unis deviennent trop passifs. Mais cela peut aussi être une opportunité pour d’autres puissances moyennes, dont l’Afrique du Sud, de repenser la gouvernance mondiale. »

L’absence de Washington pourrait ainsi renforcer le poids d’autres acteurs, notamment la Chine et d’autres pays émergents, dans la dynamique du G20.

Une présidence sud-africaine tournée vers les pays en développement

L’Afrique du Sud, première nation africaine à occuper la présidence du G20, entend utiliser cette opportunité pour défendre les intérêts des pays les plus pauvres. Son programme met l’accent sur des sujets cruciaux comme le refinancement de la dette et le soutien aux pays en développement face au changement climatique.

Le thème du G20 de cette année – « solidarité, égalité, durabilité » – reflète cette volonté d’inclusivité. Cependant, le boycott des États-Unis d’Amérique met en lumière les fractures persistantes entre les grandes puissances et les nations du Sud.

Alors que le sommet se poursuit, la question reste ouverte : l’absence de Washington affaiblira-t-elle le G20, ou ouvrira-t-elle la voie à une nouvelle dynamique plus équilibrée dans les relations internationales ?

Joseph Kouamé

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