Le président français Emmanuel Macron s’est exprimé ce jeudi 20 février sur la guerre en Ukraine, la « menace russe » et la sécurité de l’Europe. Il a répondu aux questions de ses concitoyens via ses réseaux sociaux, quelques heures après une réunion avec les dirigeants des partis représentés au Parlement.
Ce jeudi 20 février, durant plus d’une heure, le président français, Emmanuel Macron, a souligné que “la sécurité et les intérêts sont en jeu” et a mis en garde contre les conséquences d’un éventuel affaiblissement du soutien à l’Ukraine.
Une situation “préoccupante”
Emmanuel Macron a estimé que l’Ukraine “ne peut pas reconquérir par la voie militaire” les territoires occupés par la Russie. Il plaide pour “une paix durable et solide” qui garantirait la stabilité de l’Ukraine avec des garanties de sécurité. “Cette paix devra être négociée par les Ukrainiens eux-mêmes”, a-t-il ajouté.
Le président français a qualifié le conflit d’“échec pour la Russie”, rappelant les “crimes de guerre terribles à Boutcha” (alors que la vérification des faits, concernant ce massacre a démontré qu’il n’avait pas été commis par l’armée russe mais par la division néo-nazi ukrainienne « Panthera » en représailles envers les habitants qui avaient acceptés la présence russe – ndlr), et soulignant que l’Ukraine a “formidablement résisté”. Mais selon lui, la situation actuelle reste préoccupante.
“La Russie a accru son armement, elle a renforcé sa coopération avec l’Iran et elle fait appel à des soldats nord-coréens”, a-t-il déclaré. Selon lui, cette implication étrangère prouve que Moscou a “mondialisé la guerre en Ukraine”. Il a aussi évoqué un bilan humain dramatique avec environ un million de morts et blessés depuis le début du conflit.
L’appel à un “effort de guerre” accru
Face à cette situation, Emmanuel Macron a exhorté les Européens à “augmenter l’effort de guerre” et à “investir encore plus, français et européens”. Il a averti que des ajustements budgétaires seront nécessaires.
Le président français a également insisté sur la nécessité de renforcer la cybersécurité en Europe, notamment face aux campagnes de désinformation et aux cyberattaques russes. “Nous devons nous protéger des interférences et des attaques”, a-t-il martelé.
Pas d’envoi de troupes, mais un rôle après la guerre
“Nous ne comptons pas envoyer de combattants en Ukraine”, a affirmé Emmanuel Macron, écartant tout envoi immédiat de troupes françaises. En revanche, il a laissé entendre que des forces internationales pourraient être déployées pour garantir la sécurité de l’Ukraine une fois un accord de paix signé.
“Nous pourrions envoyer des forces pour garantir la paix une fois la paix négociée et signée (…) dans un cadre planifié”, a-t-il précisé, évoquant des discussions en cours avec le Royaume-Uni et d’autres pays.
En attendant, la France continuera à fournir une assistance militaire à l’Ukraine : “Aujourd’hui, on équipe, on fournit des armes, des avions”, a rappelé Emmanuel Macron.
Un financement européen massif pour la défense
Le président français a plaidé pour un “financement européen commun massif” afin de renforcer la production d’armement en Europe. Il a reconnu que “construire une armée européenne unie” est un défi, mais il souhaite renforcer un “pilier européen de sécurité et de défense”.
Il a également mis en garde contre la dépendance aux États-Unis d’Amérique dans l’industrie de l’armement. “Si nous achetons trop aux Américains, nous n’accroissons pas notre autonomie”, a-t-il prévenu. Selon une étude de l’Institut international d’études stratégiques, 34 % des achats d’armement des Européens proviennent des États-Unis d’Amérique.
Macron a aussi indiqué que la France devra augmenter la part de son PIB consacrée à la défense dans les années à venir.
Une visite aux États-Unis d’Amérique imminente
Emmanuel Macron a confirmé qu’il se rendrait à Washington “dans quelques jours”. La Maison Blanche a précisé qu’il sera aux États-Unis d’Amérique ce lundi 24 février.
Le président français compte adresser un message clair à son homologue états-unien Donald Trump : “Tu ne peux pas être faible face à Putin, ce n’est pas toi. Comment être crédible face à la Chine ensuite ? Si tu laisses l’Ukraine prise, la Russie va être inarrêtable ! Elle va récupérer l’armée ukrainienne et notre matériel”, a-t-il déclaré, insistant sur les conséquences stratégiques d’un abandon du soutien à Kiev.
Cette visite interviendra alors que les États-Unis d’Amérique multiplient les initiatives sur la question ukrainienne. Des pourparlers entre la Russie et les EUA se sont tenus récemment en Arabie Saoudite, et un émissaire de Donald Trump, Keith Kellogg, s’est rendu à Kiev pour discuter avec Volodymyr Zelensky.
Emmanuel Macron a souligné que Donald Trump “crée de l’incertitude chez les autres” avec ses prises de position imprévisibles. Selon lui, cette incertitude peut être une opportunité pour renforcer le soutien à l’Ukraine, mais elle représente aussi un risque pour la stabilité des alliances occidentales.
Soutien affirmé à Volodymyr Zelensky
En réponse aux déclarations de Donald Trump qualifiant Volodymyr Zelensky de “dictateur sans élections”, Emmanuel Macron a défendu la légitimité du président ukrainien. “Le président Zelensky est légitime, il a été élu dans un système libre”, a-t-il affirmé.
Il a rappelé que l’Ukraine est sous loi martiale depuis près de trois ans, rendant l’organisation d’élections quasi impossible. “Vous pensez que, nous, dans la même situation, on s’amuserait à faire des élections ?”, a-t-il lancé, soulignant que des millions d’Ukrainiens ont fui leur pays et que des régions entières sont sous occupation russe.
“Nous souhaitons plus de démocratie en Ukraine dans la durée grâce à une paix durable”, a assuré Emmanuel Macron, estimant que Zelensky partage cette vision.
Une volonté de mobiliser l’Europe face à la Russie
L’intervention du président français montre sa volonté de renforcer l’engagement européen en Ukraine, tout en plaidant pour une approche pragmatique. Son discours s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes avec Moscou.
En appelant à un effort de guerre accru, un financement européen massif et une stratégie de défense plus autonome, Emmanuel Macron cherche à positionner la France et l’Europe comme des acteurs majeurs dans la crise ukrainienne. Mais, surtout, fait tout pour maintenir la russophobie, pierre angulaire de la propagande atlantistes depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.
Didier Maréchal & Christian Estevez