Incarcéré en Algérie depuis mi-novembre 2024, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a entamé une grève de la faim lundi dernier. Selon son avocat, il proteste contre les pressions exercées sur lui et la dégradation de ses conditions de détention. Son état de santé, déjà fragile, suscite de vives inquiétudes.
L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, incarcéré en Algérie depuis mi-novembre 2024, a entamé une grève de la faim lundi dernier. Son avocat, Me François Zimeray, a déclaré ce dimanche 23 février à l’AFP tenir cette information d’une source judiciaire.
Désireux de rendre visite à son client, Me Zimeray affirme s’être vu refuser un visa par les autorités algériennes. Il dénonce également des « pressions exercées » sur Boualem Sansal afin qu’il change d’avocat. « Ni la retenue face à la campagne abjecte que j’ai subie dans certains médias algériens, ni le respect du cadre judiciaire de ce pays ne semblent avoir été appréciés par un régime qui persiste à me refuser le visa sans raison valable, privant Boualem Sansal de la défense de son choix », a-t-il martelé.
Un état de santé alarmant
L’âge avancé de Boualem Sansal, 75 ans, ainsi que son état de santé fragile inquiètent ses proches. Selon des informations de presse, l’écrivain souffrirait d’un cancer et ne suivrait plus son protocole de soin. « Je suis inquiet pour sa santé, comme pour la possibilité même d’un procès équitable », a déclaré Me Zimeray au Journal du Dimanche.
Le pouvoir algérien aurait réagi négativement aux déclarations de l’écrivain, faites au média français Frontières, connu pour ses positions d’extrême droite. Boualem Sansal y aurait adopté une lecture favorable à la position du Maroc sur la question des frontières algéro-marocaines.
Des poursuites controversées
Boualem Sansal est poursuivi en vertu de l’article 87 bis du Code pénal algérien, qui assimile à des actes terroristes ou subversifs toute action portant atteinte à la sûreté de l’État, à l’intégrité du territoire ou à la stabilité des institutions. Son incarcération a suscité de nombreuses protestations dans le milieu intellectuel et littéraire, qui dénoncent des poursuites infondées.
De nombreuses voix, y compris celle du président français Emmanuel Macron, se sont élevées pour appeler à sa libération et à une prise en charge médicale immédiate. « L’Algérie se déshonore en retenant l’écrivain et en l’empêchant de se soigner », a réagi le chef de l’État français.
Clara Höser