Michael Geilenfeld, fondateur de l’orphelinat St. Joseph’s Home for Boys en Haïti, a été reconnu coupable d’abus sexuels sur mineurs par un jury fédéral à Miami. Ce verdict met en lumière les failles du système judiciaire haïtien, qui n’a jamais réussi à mener à bien une enquête locale sur ses crimes présumés.
Un verdict accablant
Le jury fédéral de Miami a rendu son verdict : Michael Geilenfeld, 73 ans, a été jugé coupable de six chefs d’accusation d’abus sexuels sur des mineurs dans un pays étranger, ainsi que d’un chef d’accusation pour avoir voyagé de Miami à Haïti dans le but de commettre ces crimes.
La sentence, attendue le 5 mai devant le juge fédéral David Leibowitz, pourrait lui valoir jusqu’à 30 ans de prison pour chaque chef d’accusation.
Des témoignages poignants
Six hommes haïtiens, aujourd’hui adultes, ont témoigné lors du procès, relatant les abus qu’ils ont subis entre 2005 et 2010 alors qu’ils étaient hébergés à la St. Joseph’s Home for Boys. Les victimes étaient alors âgées de 9 à 13 ans. Bien que l’accusé ait plaidé non coupable, la force des preuves et la cohérence des récits ont convaincu le jury pour un verdict unanime.
Un scandale qui soulève des questions
L’orphelinat concerné a fermé ses portes en 2014, mais cette condamnation met en évidence les abus systémiques dans certaines institutions censées protéger les enfants vulnérables. En outre, d’autres allégations d’abus contre Michael Geilenfeld en Haïti n’ont jamais été résolues, illustrant les carences du système judiciaire haïtien, souvent accusé de corruption et d’inaction.
Ce procès pourrait cependant marquer un tournant en incitant les autorités à enquêter plus sérieusement sur les cas d’abus dans les orphelinats et autres institutions d’accueil pour enfants en Haïti.
Clara Höser