Une avancée majeure a été enregistrée dans le conflit opposant l’Ukraine à la Russie. À l’issue de négociations tenues ce mardi 11 mars en Arabie saoudite, l’Ukraine a accepté une proposition états-unienne de cessez-le-feu de 30 jours. En parallèle, Washington a levé la suspension de son aide militaire à Kiev. Ces discussions, les premières depuis un échange houleux entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky, pourraient marquer un tournant décisif dans cette guerre qui dure depuis plus de trois ans.
Un cessez-le-feu de 30 jours en attente de l’approbation russe
Après neuf heures de discussions à Jeddah, le secrétaire d’État états-unien, Marco Rubio, a annoncé que l’Ukraine avait accepté une trêve de 30 jours. Toutefois, ce cessez-le-feu reste conditionné à l’acceptation de la Russie.
L’Ukraine, qui était initialement venue avec une proposition de trêve limitée aux espaces aériens et maritimes, a finalement accepté un cessez-le-feu plus large. Dans une déclaration officielle, Kiev s’est dite prête à un arrêt temporaire des hostilités, soulignant que cette trêve pourrait être prolongée par accord mutuel entre les parties.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué cette initiative tout en précisant que la balle était désormais « dans le camp russe ». L’Union Européenne et le Royaume-Uni ont qualifié cette avancée de « positive », tandis que Mike Walz, conseiller états-unien à la sécurité nationale, a affirmé que la question n’était plus de savoir « si » la guerre devait s’arrêter, mais « comment ».
Un accord en vue sur les minerais ukrainiens
Au-delà du cessez-le-feu, les négociations ont également porté sur un accord stratégique entre l’Ukraine et les États-Unis d’Amérique concernant l’exploitation des ressources minières ukrainiennes. Les deux pays sont convenus de finaliser cet accord « dès que possible ».
L’Ukraine possède environ 5 % des ressources minières mondiales et abrite d’importants gisements de lithium, un élément clé pour la fabrication des batteries électriques et des technologies avancées. Un accord avait déjà été esquissé en février dernier entre Kiev et Washington, mais il n’avait pas été signé en raison des tensions entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky.
Selon les termes de cet accord, les États-Unis d’Amérique développeraient conjointement les ressources minières ukrainiennes. Les revenus issus de cette exploitation seraient versés dans un fonds conjoint entre les deux pays, permettant ainsi à l’Ukraine de renforcer son économie tout en bénéficiant de la technologie et des investissements états-unien.
Donald Trump avait exprimé son souhait que les EUA tirent un bénéfice économique des milliards de dollars d’aide versés à l’Ukraine par l’administration précédente. Cet accord sur les minerais pourrait ainsi être perçu comme une contrepartie économique à l’assistance militaire et financière fournie par Washington.
La reprise immédiate de l’aide militaire états-unienne
Autre annonce majeure issue de ces discussions : la levée immédiate de la suspension de l’aide militaire des EUA à l’Ukraine. Cette aide, interrompue le 3 mars dernier sur ordre de Donald Trump, est cruciale pour Kiev, dont l’effort de guerre repose en grande partie sur le soutien occidental.
Depuis le début de l’invasion russe le 24 février 2022, les États-Unis d’Amérique avaient fourni à l’Ukraine 65,9 milliards de dollars d’aide militaire sous l’administration Biden. La décision de Trump de suspendre cette assistance avait suscité de vives critiques, aussi bien de la part des alliés de l’Ukraine que de certains membres du Congrès des Etats-Unis d’Amérique.
Avec la reprise de cette aide, Kiev pourra à nouveau recevoir des armes, du matériel militaire et du renseignement stratégique, ce qui pourrait modifier l’équilibre des forces sur le terrain en cas d’échec des négociations avec Moscou.
La Russie face à un choix crucial
Si ces avancées diplomatiques sont significatives, elles restent suspendues à la réaction de Moscou. Le Kremlin a réagi avec prudence, estimant que c’était à l’Ukraine de prouver sa volonté réelle de paix.
« Ce que nous attendons n’a pas d’importance », a déclaré Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, laissant entendre que la Russie prendra le temps d’évaluer ses options avant de répondre.
Didier Maréchal