Qui est Mark Carney, le futur premier ministre du Canada qui succède à Justin Trudeau ?

L’ère Justin Trudeau a pris fin avec l’élection de Mark Carney, ancien gouverneur de la Banque du Canada et de la Banque d’Angleterre, à la tête du Parti libéral canadien. Bien que novice en politique, il devient ainsi le nouveau premier ministre du pays, mais devra confirmer sa légitimité lors des élections générales prévues au plus tard en octobre.

Un banquier à la conquête du pouvoir

Mark Carney, 59 ans, n’a jamais exercé de fonction politique, mais c’est justement ce qui a joué en sa faveur. Face à Chrystia Freeland, ancienne ministre des Finances et proche alliée de Trudeau, Carney a su tirer parti de son image de technocrate sérieux mais non usé par le pouvoir. Son expérience à la tête de grandes institutions financières, notamment durant la crise de 2008, a renforcé sa crédibilité auprès des électeurs.

Catholique pratiquant, Carney n’est pas directement associé aux années Trudeau, ce qui lui permet d’apparaître comme une alternative face à l’impopularité grandissante de son prédécesseur. Il a notamment axé son programme sur la lutte contre l’inflation et la crise du logement, proposant la construction de maisons préfabriquées à bas coût.

Un parcours international et une image de « George Clooney de la finance »

Originaire de Fort Smith, aux confins de l’Arctique, Mark Carney est issu d’une famille modeste : fils d’une institutrice et d’un professeur d’université, il a suivi un brillant parcours académique, diplômé d’Harvard et d’Oxford. Après treize ans chez Goldman Sachs, il a gravi les échelons de la Banque du Canada avant d’être nommé gouverneur de la Banque d’Angleterre. Sa maîtrise des dossiers et son charisme lui ont valu le surnom de “George Clooney de la finance”.

Malgré son statut de nouvel homme fort du Canada, Carney devra encore convaincre les électeurs. Son français hésitant pourrait être un handicap, notamment au Québec, où la maîtrise des deux langues officielles est un enjeu clé pour un premier ministre.

Un virage à droite pour contrer Poilievre

Pour s’imposer durablement, Carney devra affronter Pierre Poilievre, chef du Parti conservateur, lors des élections générales. Ce dernier, ultraconservateur et adepte d’un discours “anti-woke” proche de celui de Donald Trump, bénéficie d’une base électorale solide.

Pour séduire un électorat plus large et affaiblir son rival, Carney a durci son programme sur certains points, notamment en supprimant la taxe carbone sur les ménages, une des rares mesures environnementales du Canada mais jugée impopulaire.

Un défi majeur : tenir tête à Donald Trump

Si Carney parvient à remporter les élections, il devra rapidement se confronter à un défi de taille : la relation avec les États-Unis, et plus précisément avec Donald Trump. Ce dernier, dans ses récentes déclarations, a intensifié la guerre commerciale avec le Canada et laissé entendre que l’annexion du “pays brisé” pouvait être une option.

Selon un sondage Angus Reid de la semaine dernière, 43 % des Canadiens estiment que Carney est le mieux placé pour défendre leur pays face à Trump, contre 34 % pour Poilievre. L’avenir politique du Canada dépendra donc de la capacité du nouveau premier ministre à imposer son leadership et à convaincre les électeurs de lui accorder leur confiance au-delà des prochains mois.

Didier Maréchal

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