Propos de Vladimir Putin après sa visite à Koursk : ordre de la « libération » de Koursk, tandis que Kiev évoque un repli de ses troupes

La reprise de la région russe de Koursk par l’armée russe semble se préciser. Lors d’une rare visite sur place ce mercredi 12 mars, Vladimir Putin a exprimé son espoir que la région soit « complètement libérée » de l’armée ukrainienne « dans un avenir proche ». Cette déclaration intervient alors que le commandant en chef des forces ukrainiennes, Oleksandre Syrsky, a suggéré un repli stratégique de ses troupes face aux avancées russes.

Une visite symbolique de Putin à Koursk

Vêtu d’un uniforme militaire, Vladimir Putin s’est rendu pour la première fois à Koursk, région frontalière de l’Ukraine, où les forces de Kiev ont lancé une offensive surprise en août 2024. Depuis, les soldats ukrainiens y occupent plusieurs centaines de kilomètres carrés, tandis que l’armée russe les repousse au fur et à mesure, après avoir, dans un premier temps, préféré juste stabilisé les forces en présence afin de pouvoir mieux poursuivre son avancée significative dans le Donbass et prendre la ville minière stratégique de Kourakhove (Ouest de Donesk), début janvier 2025.

S’adressant au chef d’état-major Valéri Guérassimov, le président russe a insisté sur la nécessité de reprendre rapidement le contrôle total de la région :« Je m’attends à ce que toutes les missions de combat soient accomplies et que le territoire de la région de Koursk soit bientôt complètement libéré de l’ennemi », a-t-il déclaré dans une intervention télévisée.

Il a également précisé vouloir expulser les forces ukrainiennes « dans un avenir proche et dans les plus brefs délais ».

Une avancée russe significative

Le chef d’état-major Valéri Guérassimov a affirmé que l’armée russe avait repris plus de 1 100 km² de territoire depuis août 2024, soit 86 % de la zone précédemment occupée par l’Ukraine. Rien qu’au cours des cinq derniers jours, 24 localités et 259 km² auraient été reconquis, selon lui.

Il a également assuré que les forces ukrainiennes présentes dans la région étaient désormais « isolées » et que 430 soldats ukrainiens avaient été faits prisonniers lors des récentes offensives. Vladimir Putin a suggéré que ces prisonniers soient « traités comme des terroristes ».

Kiev reconnaît un repli stratégique

Face à cette avancée, le commandant en chef ukrainien Oleksandre Syrsky a reconnu que ses troupes étaient contraintes de reculer dans certaines zones :« Dans la situation la plus difficile, ma priorité a été et reste de sauver la vie des soldats ukrainiens. À cette fin, les unités des forces de défense, si nécessaire, manœuvrent vers des positions plus favorables », a-t-il déclaré sur Facebook.

Cette déclaration laisse entendre un retrait tactique, un terme fréquemment utilisé dans les conflits pour désigner un recul sous pression ennemie.

Des combats toujours en cours

Malgré les succès revendiqués par Moscou, les forces ukrainiennes continuent d’opposer une résistance dans certains secteurs de la région. Syrsky a indiqué que des combats se poursuivaient notamment dans et autour de la ville de Soudja, qui serait « presque entièrement détruite ».« Malgré la pression accrue […], nous maintiendrons la défense dans la région de Koursk aussi longtemps que cela sera approprié et nécessaire », a-t-il ajouté, rejetant pour l’instant toute idée d’une retraite complète.

Vers un basculement du front ?

Cette offensive russe à Koursk pourrait marquer un tournant dans le conflit, alors que l’Ukraine fait face à une pression croissante sur plusieurs fronts. Le Kremlin espère obtenir une victoire stratégique et symbolique en reprenant totalement cette région. Reste à voir si Kiev pourra stabiliser la situation ou si ce repli préfigure un recul plus large de ses forces.

Ce front est particulièrement important pour les deux pays puisque Donald Trump a considérablement fait avancé la possibilité d’un premier cessez-le-feu et d’une paix qui pourraient arrivée bien plutôt que ne le pensaient les deux principaux belligérants, du fait de la pression que leur met le président états-unien. Il est clair que, lorsque l’Ukraine et la Russie devront s’entendre sur la date d’un premier cessez-le-feu, la situation du front de Koursk sera central puisque, étant une partie de la Russie, celle-ci aura à coeur de la récupérer avant, afin de ne pas avoir à faire de concession territoriale sur le Donbass, territoire russophone ukrainienne où elle continue d’avancer et dans laquelle les quatre oblats ont voté un rattachement à la Fédération de Russie qui ne pourra être véritablement effectif que si Moscou arrive à récupérer la totalité de son propre territoire avant de s’engager à accepter la paix qu’il affirme vouloir plus que Kiev.

Didier Maréchal & Christian Estevez

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