Cinéma : L’actrice belge, Emilie Dequenne décèdée d’un cancer rare à 43 ans

Atteinte d’un corticosurrénalome, une tumeur très rare, la comédienne belge Émilie Dequenne, révélée à l’âge de 17 ans pour son rôle dans le film « Rosetta », qui lui avait valu un prix d’interprétation à Cannes en 1999, est décédée, ce 16 mars, à l’hôpital de Villejuif, où elle recevait des soins.


Émilie Dequenne, âgée de 43 ans, a perdu sa bataille contre ce cancer rare de la glande surrénale, ce dimanche 16 mars. Le 4 février, à l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, elle avait partagé sur Instagram : « Quelle lutte acharnée ! Et qu’on ne choisit pas… ».

Son diagnostic de corticosurrénalome, une tumeur maligne de la glande surrénale, était particulièrement préoccupant en raison de sa taille. Diagnostiquée en octobre 2023, elle avait indiqué que cette maladie, extrêmement rare, n’affecte qu’une à deux personnes sur un million chaque année.

Bien qu’éloignée des plateaux de tournage depuis le début de son combat contre la maladie, elle avait néanmoins réussi à réaliser un dernier film, « Survivre », qui est sorti en juin 2024, durant une courte période de rémission.

Quelques mois avant son décès, elle avait fait une apparition sur le tapis rouge du Festival de Cannes, affichant un sourire et des cheveux courts et fins en raison de son traitement, pour célébrer les 25 ans de « Rosetta » des frères Dardenne et présenter son dernier film, dont le titre prenait une résonance particulière compte tenu de son état de santé. Elle avait plaisanté en disant : « En plus, je combats des crabes. Et j’ai tourné ça en octobre-novembre 2022 ! », un an avant de tomber malade.


En décembre dernier, lors d’un entretien dans l’émission « 7 à 8 » sur TF1, Émilie Dequenne avait déclaré « Au fond de moi, je suis consciente que ma durée de vie ne sera pas aussi longue que je l’avais espéré. (…) À seulement 43 ans, j’ai toujours souhaité vivre jusqu’à au moins 80 ans et m’éteindre paisiblement dans mon sommeil. C’est ce que je désire », a-t-elle confié à Audrey Crespo-Mara.


Émilie Dequenne n’était qu’une jeune fille lorsqu’elle a remporté un prix à Cannes pour son rôle dans « Rosetta » (1999), son premier film, avant de devenir une actrice prolifique au jeu délicat, qui a dû interrompre sa carrière en raison d’un cancer rare. Elle a reçu le César de la meilleure actrice dans un rôle de soutien pour sa performance dans « Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait » en 2021 (et elle l’aurait mérité encore plus, la même année, pour son rôle de soutien dans « Je ne rêve que de vous » – film qui aurait mérité plus d’un César cette année-là mais qui ne fut même pas nommé une fois du fait qu’il aille dans le sens opposé de l’idéologie dictatoriale féministe dont l’organisation des Césars est totalement gangrenée depuis plusieurs années).

Elle est également reconnue pour ses performances dans « Pas son genre » et « La Fille du RER A ». Emilie Dequenne a récemment été vue dans le film de Gilles Legardinier, « Complètement cramé », qui est sorti en salles le 1er novembre 2023.


Affirmer qu’Émilie Dequenne a connu une ascension rapide serait un euphémisme. « À l’âge de 2 ans, je parlais comme une adulte. À 8 ans, ma mère m’inscrivait à des cours de théâtre parce que je chantais sur les tables », se remémorait celle qui a passé son enfance dans la province belge du Hainaut, où il fallait parcourir 25 kilomètres pour aller au cinéma.

Sa première audition a conduit à son premier rôle, suivi d’un prix d’interprétation à Cannes pour le film « Rosetta », qui a remporté la Palme d’or, le tout à seulement 18 ans. Deux ans plus tard, elle devenait mère d’une fille prénommée Milla. Cela ne surprend guère ceux qui connaissaient cette jeune femme aux joues rondes, « audacieuse » et « résolue », née le 29 août 1981. « Comme le disait ma mère quand j’étais petite : ’’Tu ferais tout pour atteindre tes objectifs’’ », confiait-elle.

Il était crucial d’éviter de se cantonner à des rôles sociaux, comme celui de « Rosetta », une jeune femme rebelle qui perd son emploi à l’usine. Émilie Dequenne a veillé à diversifier ses choix, dès son deuxième film, « Le Pacte des loups » (2001), un thriller historique à gros budget où elle joue une comtesse aux côtés de Vincent Cassel et Monica Bellucci.


En 2009, André Téchiné lui confie le rôle de Jeanne dans « La fille du RER », une jeune femme prétendant avoir été victime d’une agression antijuive dans un train de banlieue, mais qui a en réalité tout fabriqué. Trois ans plus tard, sa performance est acclamée pour son interprétation d’une mère ayant commis un infanticide dans « À perdre la raison », aux côtés de Tahar Rahim et Niels Arestrup. Ce film, réalisé par son compatriote Joachim Lafosse, s’inspire également d’un fait divers et lui permet de remporter son deuxième prix à Cannes dans la section « Un certain regard ».

« Je ne souhaite pas être enfermée dans un type de rôle, je me transforme à chaque fois », déclarait l’actrice, qui a incarné une grande bourgeoise malheureuse en amour dans « Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait » (2020) d’Emmanuel Mouret.

Maxime Kouadio & Christian Estevez

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