Après une panne générale de près de 40 heures, l’électricité est progressivement revenue à Cuba, ce dimanche 16 mars, avec la promesse des autorités de rétablir la situation complète dès ce lundi matin.
La panne, qui a débuté vendredi soir à la suite d’une avarie dans une sous-station située dans la banlieue de La Havane, a plongé l’ensemble du pays dans le noir, affectant près de 9,7 millions d’habitants.
Le réseau électrique national, qui s’était effondré, a été rétabli sur toute l’île. L’Union électrique cubaine (UNE) a annoncé que le système national d’électricité (SEN) est à nouveau fonctionnel, de Pinar del Río à Guantanamo, les deux provinces aux extrémités de l’île. Selon les prévisions, tout le pays sera entièrement desservi aux premières heures de lundi matin.
À La Havane, la capitale cubaine de 2,1 millions d’habitants, environ 66 % des foyers avaient retrouvé l’électricité dimanche. Les autorités prévoyaient que ce chiffre atteigne entre 90 et 95 % d’ici la fin de la journée. Alex Picart, un habitant de Guanabacoa, une localité à l’est de La Havane, a témoigné : “Vraiment, à 5 h du matin, c’était la ruée, on rechargeait les téléphones, les lampes, on amenait l’eau dans les réservoirs, il y avait beaucoup de bruit qui réveillait les voisins, bref, c’était un événement !”
La panne générale a perturbé la vie quotidienne des Cubains samedi, privant de nombreuses personnes d’eau et de gaz. Les communications téléphoniques ont été difficiles et les transports publics paralysés. Ce n’est pas la première fois que le pays subit une panne généralisée ; en 2024, l’île a déjà connu trois coupures d’électricité majeures, dont deux ont duré plusieurs jours. De plus, les coupures quotidiennes de quatre à cinq heures dans la capitale et des délestages pouvant atteindre 20 heures dans les provinces font désormais partie du quotidien des Cubains.
La crise économique qui frappe le pays depuis cinq ans aggrave la situation, avec un système électrique vieillissant qui souffre de nombreuses défaillances. Les huit centrales électriques du pays, mises en service dans les années 1980 et 1990, sont souvent à l’arrêt ou nécessitent de longues périodes de maintenance. Les générateurs et centrales flottantes loués à une entreprise turque, qui complètent le système énergétique national, dépendent de combustibles difficiles à importer en raison de l’embargo américain.
Face à cette crise, le gouvernement cubain a annoncé des efforts accrus pour installer des parcs solaires utilisant des technologies chinoises. Le pays prévoit la mise en place d’au moins 55 de ces parcs d’ici 2025, avec une capacité totale de 1200 mégawatts, soit 12 % des besoins énergétiques de Cuba.
Joseph Kouamé