L’émissaire états-unien Steve Witkoff a déclaré, ce dimanche 23 mars, que l’offre de Donald Trump à l’Iran, visant à éviter une action militaire, faisait appel au dialogue et à la diplomatie, soulignant que les États-Unis ne cherchaient pas à résoudre le différend par la force. Lors d’une interview accordée à Fox News, Witkoff a expliqué : « Nous n’avons pas besoin de tout résoudre militairement. Notre message à l’Iran est le suivant : Asseyons-nous et regardons ce que l’on peut faire par le dialogue, la diplomatie pour parvenir au bon résultat. Et si on n’y arrive pas, l’alternative n’est pas très prometteuse. »
Il faisait référence à la lettre envoyée plus tôt dans le mois par Donald Trump à l’ayatollah Ali Khamenei, dans laquelle il offrait à l’Iran deux options : conclure un nouvel accord sur le nucléaire ou faire face à une action militaire. Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une pression croissante des États-Unis pour que l’Iran abandonne son programme nucléaire.
Cependant, la réponse du guide suprême iranien a été ferme. La semaine dernière, Ali Khamenei a rejeté l’offre de Trump, qualifiant la proposition de « trompeuse » et affirmant que les demandes excessives du président états-unien « resserreraient l’étau des sanctions et augmenteraient la pression sur l’Iran ». Cette position résolue a été renforcée par les propos du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, qui a déclaré que le régime iranien répondrait à la lettre de Trump dans les « prochains jours », mais a rejeté toute négociation directe tant que Washington maintiendra ses « menaces, pressions et sanctions ».
En parallèle, Mike Waltz, conseiller états-unien à la sécurité nationale, a réaffirmé la position des États-Unis, soulignant que Washington cherchait à « démanteler totalement » le programme nucléaire iranien. « L’Iran doit abandonner son programme de manière à ce que le monde entier le voie », a-t-il déclaré dans une interview à CBN News.
Ali Khamenei, principal obstacle à une négociation avec les États-Unis
Malgré l’intensification des tensions et les risques accrus d’une guerre, notamment avec Israël, le Guide suprême iranien reste fermement opposé à toute négociation avec les États-Unis. Lors de son discours annuel prononcé à l’occasion du Nouvel An iranien (Norouz), le 21 mars, Khamenei a réaffirmé sa ligne dure, en soulignant que « les Américains doivent comprendre qu’ils n’obtiendront rien par la menace lorsqu’ils traitent avec l’Iran ». Le Guide suprême, qui détient le dernier mot sur les décisions majeures du régime, a constamment rejeté les tentatives de dialogue, affirmant que négocier avec les États-Unis était « ni raisonnable, ni intelligent, ni honorable ».
Malgré la situation économique de plus en plus critique en Iran, Khamenei a maintenu sa position, expliquant que la République islamique ne chercherait pas à déclencher un conflit, mais qu’elle riposterait si elle était agressée. « Si quelqu’un agit avec malveillance et commence un conflit, qu’il sache qu’il recevra de sévères gifles », a-t-il mis en garde, devant une foule de partisans réunis à Téhéran.
Cette attitude ferme de Khamenei contraste avec les efforts de certains hauts fonctionnaires iraniens, tels que le ministre des Affaires étrangères, qui cherchent à assouplir la position iranienne face à la pression croissante des États-Unis et d’Israël. Le défi pour l’Iran reste de gérer les tensions internes tout en essayant de lever les sanctions internationales qui étouffent son économie.
Les perspectives de négociation entre les États-Unis et l’Iran restent donc incertaines, avec des positions diamétralement opposées, notamment sur les demandes de Washington concernant le programme nucléaire iranien et les sanctions. Tant que Khamenei continuera de refuser le dialogue direct, les chances de parvenir à un accord restent minimes.