Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), accompagné de Marion Maréchal, est actuellement en déplacement en Israël, invités par le gouvernement israélien pour la première fois. Cette invitation marque une étape importante pour le RN dans sa quête de « dédiabolisation », notamment en ce qui concerne la question sensible de l’antisémitisme.
Arrivés ce mardi 25 mars au soir, Jordan Bardella et Marion Maréchal participent à une série d’événements qui visent à démontrer le changement de cap du RN par rapport à son passé. Ce mercredi 26 mars, Bardella visitera les sites des massacres du 7 octobre 2023, notamment les lieux du « festival Nova » et les kibboutz attaqués, avant de prononcer un discours lors de la Conférence internationale de lutte contre l’antisémitisme, jeudi 27 mars.
Le président du RN a qualifié cette invitation d’« événement historique » et a salué l’opportunité de prouver que le RN, né sous la direction de Jean-Marie Le Pen, a définitivement tourné la page de son passé polémique. Il a ainsi affirmé au « Journal du Dimanche » que le RN est désormais un « bouclier » pour les Français juifs face à la menace islamiste, marquant une rupture nette avec le passé du Front National.
Cependant, cette visite n’est pas sans controverse. En France, plusieurs associations juives ont exprimé leur désapprobation face à l’invitation de Bardella et Maréchal. Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), par la voix de son président Yonathan Arfi, a souligné que cette invitation, bien que symbolique, ne doit pas être perçue comme un soutien des institutions juives françaises au RN. Il a également exprimé des doutes sur les intentions du RN, évoquant une possible instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme à des fins politiques.
Marine Le Pen, cheffe de file des députés RN à l’Assemblée Nationale, a réagi à ces critiques en suggérant que les Français juifs devraient «dégauchiser» le Crif, qu’elle accuse de politiser ses prises de position. Elle a exprimé son mécontentement face aux positions de gauche du Crif, estimant que celui-ci devait se recentrer sur la protection des juifs sans partis pris idéologiques. Selon elle, les institutions juives françaises ont pris des positions qui ne servent pas les intérêts des Juifs de France, mais plutôt des objectifs politiques.
De son côté, Jordan Bardella a réagi en estimant que les critiques de Yonathan Arfi étaient davantage motivées par des raisons politiques que par des préoccupations réelles concernant l’antisémitisme. Il a réaffirmé que le RN n’était pas le Front National et que la rupture avec son fondateur, Jean-Marie Le Pen, était en grande partie liée à la question de l’antisémitisme.
Cette visite en Israël et les déclarations qui l’accompagnent sont perçues comme une étape majeure dans « réhabilitation » du RN, qui cherche à se distancier de son passé polémique et à démontrer son engagement contre l’antisémitisme. Le RN, autrefois associé à des positions radicales et controversées sur la question juive, semble désormais vouloir s’imposer comme un acteur de la lutte contre l’antisémitisme, tout en poursuivant son objectif de réhabilitation sur la scène politique française.
Didier Maréchal