Les négociations entre le Fonds monétaire international (FMI) et le gouvernement argentin sont sur le point d’aboutir, tandis que le conseil d’administration du Fonds doit déterminer le montant du prêt attendu par Buenos Aires. Le ministre argentin des Finances, Luis Caputo, espère obtenir 20 milliards de dollars.(Source : AFP)
Interrogé sur l’ampleur de ce nouveau financement, essentiel pour l’Argentine après l’expiration du précédent prêt fin 2024, Luis Caputo a affirmé que le montant s’élèverait à 20 milliards de dollars. Il a également précisé qu’un financement complémentaire était en discussion avec la Banque mondiale (BM) et la Banque interaméricaine de développement (BID). Le FMI, de son côté, n’a pas encore confirmé le volume exact du prêt en cours de négociation.
Lors d’une conférence de presse à Washington, sa directrice de la communication Julie Kozack, a déclaré qu’elle ne souhaitait pas «entrer dans les détails concernant les discussions» qui sont «en cours». «Je peux simplement confirmer que l’ampleur du programme final pour l’Argentine sera déterminée par notre conseil d’administration». «Les négociations portent sur un paquet de financement important», a-t-elle ajouté.
Également interrogé par l’AFP, un porte-parole du FMI s’est refusé de commenter la taille du futur programme d’aide, reprenant l’idée que les discussions se concentraient sur «un programme d’importance». L’objectif premier du gouvernement argentin est de renforcer ses réserves en devises dans un contexte de forte pression sur le taux de change du peso, qui a provoqué la semaine dernière une perte de plus de 1,2 milliard de dollars de réserves.
Mais le ministre des Finances s’est voulu rassurant, soulignant que «quand on regarde les réserves brutes et qu’on ajoute ce qui vient (du FMI), ces réserves vont augmenter d’environ 50 milliards de dollars». Car l’objectif du prêt auprès du FMI et des autres institutions ne sera pas de «financer les dépenses, mais de recapitaliser les actifs de la Banque centrale», a-t-il ajouté.
Principal débiteur du FMI
Avec ces nouveaux fonds, «nous allons mettre fin à la pression sur le dollar en Argentine», a insisté le ministre. La pression sur le peso et son éventuelle répercussion sur les prix représentent un risque pour le gouvernement ultralibéral de Javier Milei, qui a fait du contrôle de l’inflation son principal succès. «Nous sommes convaincus que l’Argentine va renverser la situation, nous avons évité la crise», a assuré le ministre Caputo.
Le président argentin Javier Milei a voulu ensuite rassurer à la radio El Observador sue le fait que ce prêt n’entraînerait «en aucun cas» une dévaluation. «Il y a un manque de pesos ici, il n’y a pas de manque de dollars». La mise en place d’un programme d’aide passe par des échanges réguliers entre les équipes de la mission d’évaluation envoyée dans le pays concerné et le conseil d’administration du Fonds, avant qu’une version finale ne soit proposée pour accord au gouvernement local.
En novembre, le FMI et l’Argentine ont entamé des discussions pour un nouveau programme d’aide, succédant à celui conclu en mars 2022 sous le gouvernement d’Alberto Fernandez (centre-gauche), qui arrivera à échéance fin 2024. Ce programme, de type « facilités élargies de paiement », a pour objectif de refinancer la dette de l’Argentine et de soutenir le remboursement du prêt record de 2018, accordé par le FMI au gouvernement libéral de Mauricio Macri (2015-2019).
Le 19 mars, le Parlement argentin a approuvé ce nouveau programme d’aide, jugé crucial par le gouvernement pour éviter la banqueroute du pays. En 15 mois de présidence, l’économiste Javier Milei, se définissant comme un « anarcho-capitaliste », a réussi à rééquilibrer les finances publiques grâce à une politique d’austérité sévère, bien que cela ait engendré un coût social important. Toutefois, cette politique a permis de réduire l’inflation, qui est passée de 211% fin 2023 à 66% actuellement. L’Argentine demeure le principal débiteur du FMI, devant l’Ukraine, l’Égypte et l’Équateur.
Joseph Kouamé