Ce samedi 29 mars, Manuel Valls entame une visite cruciale en Nouvelle-Calédonie, qui se poursuivra jusqu’au 1ᵉʳ avril. Le ministre des Outre-mer tentera de réunir loyalistes et indépendantistes afin de trouver un compromis sur la question du corps électoral, un sujet brûlant qui avait provoqué les émeutes de mai 2024.
Un archipel suspendu à l’issue des négociations
Près d’un an après les violences qui avaient secoué la Nouvelle-Calédonie, l’archipel porte encore les stigmates des destructions. Zones industrielles ravagées, bâtiments calcinés, et surtout une économie à l’arrêt. La visite de Manuel Valls est perçue comme un tournant potentiel pour l’avenir du territoire.
L’enjeu est de taille : débloquer une situation politique qui freine la reprise économique. “Nous sommes à l’arrêt. Notre situation économique et sociale est extrêmement compliquée”, alerte Mimsy Daly, présidente du MEDEF en Nouvelle-Calédonie. Un salarié du privé sur quatre a perdu son emploi depuis les émeutes.
Un risque de crise sociale majeure
La fragilité économique de l’archipel inquiète particulièrement les acteurs économiques. L’incertitude politique empêche les investissements, freinant ainsi la reprise de l’emploi. “Les investisseurs tentent de savoir quelle visibilité ils auront sur l’avenir avant d’investir sur le long terme en Nouvelle-Calédonie”, explique Mimsy Daly, appelant les élus à prendre des décisions responsables.
Selon elle, le fonctionnement actuel des institutions, rendu complexe par le statut de l’île, est trop coûteux et doit être réformé. Un accord politique durable est indispensable pour restaurer la confiance et permettre à la Nouvelle-Calédonie de se projeter vers l’avenir.
Alors que Manuel Valls s’apprête à mener de nouvelles négociations, l’archipel retient son souffle, espérant une avancée décisive vers une stabilité politique et économique.
Didier Maréchal