Après une période d’intérim assurée par John Elkann, le groupe Stellantis (groupe automobile multinational franco-italo-étatsunien, de droit néerlandais, fondé le 16 janvier 2021 à la suite de la fusion des groupes Groupe PSA et Fiat Chrysler Automobiles) a officiellement nommé Carlos Ghosn à la tête de l’entreprise. Un retour fracassant pour l’ex-patron de Renault-Nissan-Mitsubishi, connu pour ses talents de gestionnaire et son passé tumultueux avec la justice japonaise.
Un choix stratégique pour redresser Stellantis
Le départ de Carlos Tavares, qui a marqué l’histoire de Stellantis par sa politique agressive de réduction des coûts, a laissé un vide au sein du groupe. Pour John Elkann, le choix de Carlos Ghosn s’est imposé naturellement : « Carlos Ghosn sait lui aussi comment réduire les coûts, mais il le fait sans que les autos tombent en panne. »
Un tacle à peine voilé envers la gestion de son prédécesseur, souvent critiquée pour ses économies drastiques affectant la qualité des véhicules.
Une nomination sous conditions judiciaires
Toujours sous le coup de poursuites judiciaires au Japon, Carlos Ghosn a dû négocier avec la justice française pour pouvoir exercer ses nouvelles fonctions. Il sera contraint de porter un bracelet électronique lors de ses visites sur les sites français de Stellantis, une mesure qui lui permet toutefois d’éviter une extradition vers le Japon.
Des ambitions claires : surpasser Renault et Nissan
Dès sa nomination, Carlos Ghosn a affiché ses objectifs ambitieux : « Je veux tout faire pour que Stellantis retrouve son lustre et que nos marques dépassent Renault et Nissan partout dans le monde. »
Il a également évoqué la relance d’un projet sportif, dans la lignée de la Nissan GT-R, mais sous les badges Opel et Leapmotor, la marque chinoise récemment intégrée au groupe.
Des conditions de travail “spécifiques”
Face à une baisse des bénéfices en 2024, Carlos Ghosn devra redoubler d’efforts pour restaurer la profitabilité de Stellantis. Une conférence de presse sera organisée au Château de Versailles pour présenter ses projets.
Certaines rumeurs évoquent également des demandes particulières de l’homme d’affaires, notamment l’utilisation d’un yacht de fonction, qui lui permettrait de travailler en toute sécurité. Un point que Stellantis n’a pas confirmé, se contentant d’indiquer que : « Carlos Ghosn bénéficiera de conditions de travail spécifiques afin qu’il puisse être le plus créatif possible dans sa mission de réduction des coûts et de retour à la profitabilité maximale. »
Un retour en grande pompe
Exilé au Liban depuis sa spectaculaire fuite du Japon dans une malle d’ instruments de musique en 2019, Carlos Ghosn fait un retour triomphal dans l’industrie automobile. Reste à voir si son sens du management et son expertise suffiront à relancer Stellantis, un mastodonte en quête d’un second souffle.
Didier Maréchal