Un nouveau scandale éclabousse la Fédération italienne de gymnastique. Après la mise en examen de l’ancienne directrice technique Emanuela Maccarani pour maltraitance, des révélations accablantes viennent mettre en cause Julieta Cantaluppi, une entraîneuse nationale qui a notamment encadré la médaillée olympique Sofia Raffaeli.
Des enregistrements accablants
Lundi, le quotidien La Gazzetta dello Sport a dévoilé des échanges téléphoniques incriminants dans le cadre du procès d’Emanuela Maccarani. Ces enregistrements impliquent Julieta Cantaluppi, ancienne entraîneuse du club de Fabriano et sélectionneuse de l’équipe israélienne de gymnastique rythmique lors des Jeux olympiques de Paris 2024.
Dans une conversation du 17 novembre 2022, Olga Tishina, une ancienne adjointe de Cantaluppi, confie à une autre entraîneuse, Natalia Nesvetova, les pratiques abusives dont elle aurait été témoin : « Avec elle, il y a de la maltraitance. Par exemple, elle faisait lancer le cerceau à Sofia Raffaeli et Serena Ottaviani, et à chaque échec, elles devaient retirer un vêtement. À la fin, elles n’étaient plus qu’en sous-vêtements. »
Selon La Gazzetta dello Sport, Cantaluppi aurait également enfermé certaines gymnastes dans une petite pièce froide, sans téléphone ni distraction, en guise de punition lorsqu’elles ne s’entraînaient pas correctement.
Une culture de l’humiliation ?
Les témoignages recueillis évoquent un climat de peur et d’humiliation au sein du club de Fabriano. Une ancienne gymnaste, Agnese Duranti, a rapporté un épisode troublant impliquant Sofia Raffaeli :
« Après avoir raté un exercice, elle a dû se mettre à genoux et implorer son entraîneuse d’accepter ses excuses. »
Face à ces pratiques, Duranti avait signalé ces abus à un organisme de la Fédération italienne de gymnastique, chargé de recueillir anonymement les témoignages de maltraitance. Pourtant, aucune enquête fédérale n’a été ouverte.
Aucune plainte déposée pour le moment
Si ces révélations jettent une nouvelle ombre sur la gymnastique italienne, aucune plainte officielle n’a encore été déposée contre Julieta Cantaluppi. Cette dernière a néanmoins quitté ses fonctions au club de Fabriano.
Ce scandale intervient alors que la gymnastique rythmique est de plus en plus critiquée pour ses méthodes d’entraînement extrêmes. La Fédération italienne se retrouve une fois de plus sous pression, contrainte de répondre aux accusations qui ternissent l’image de ce sport d’élite.
Kevin Negalo