Hausse des droits de douane : ce que prépare Donald Trump lors son « Liberation Day » de ce 3 avril

Ce mercredi 2 avril marque le « Liberation Day », un jour symbolique promis par Donald Trump pour marquer une nouvelle étape dans sa politique commerciale protectionniste. À 16 heures, heure locale (22 heures à Paris), le président des États-Unis s’exprimera depuis la Maison Blanche pour annoncer une nouvelle vague d’augmentation des tarifs douaniers, une mesure censée, selon lui, assurer un « nouvel âge d’or » aux États-Unis.

Une guerre commerciale qui s’intensifie

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump a fait des droits de douane un pilier de sa politique économique. Il a déjà imposé :

•Des taxes sur toutes les marchandises en provenance de Chine ;
•Des droits de douane sur certains produits mexicains et canadiens ;
•Une taxe de 25% sur l’acier et l’aluminium importés ;
•Une taxe de 25% sur les importations automobiles, effective dès ce 2 avril.

Il avait également menacé de taxer les vins et spiritueux européens à hauteur de 200%, une mesure qui pourrait revenir sur la table.

Selon Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche :

« Le président annoncera un plan tarifaire qui fera reculer les pratiques commerciales déloyales qui dépouillent notre pays depuis des années. Il agit dans le meilleur intérêt du travailleur états-unien. »

Deux scénarios possibles

Plusieurs options sont envisagées pour cette nouvelle vague de taxation :

1.Un principe de réciprocité : Les États-Unis pourraient appliquer aux pays étrangers les mêmes droits de douane que ceux imposés aux exportations états-uniennes. Cette approche ciblerait en priorité les « Dirty 15 », soit les 15 pays qui imposent les taxes les plus élevées aux produits états-uniens, dont la Chine, l’Union européenne, le Mexique, le Japon et le Canada.

2.Une taxation universelle : Donald Trump pourrait opter pour une augmentation généralisée des droits de douane sur toutes les importations aux États-Unis, avec une hausse comprise entre 15% et 20%. Selon The Washington Post, cette mesure simplifierait les ajustements tarifaires et pourrait générer 600 milliards de dollars par an, selon l’économiste et conseiller Peter Navarro.

Des répercussions économiques incertaines

L’objectif affiché par Trump est d’inciter les États-uniens à consommer des produits « Made in USA » en rendant les importations plus coûteuses. Mais cette politique pourrait avoir des effets secondaires néfastes :

•Hausse des prix à la consommation : Les entreprises états-uniennes dépendant des importations devront soit absorber le coût des taxes, soit augmenter leurs prix, ce qui risque d’affecter le pouvoir d’achat des ménages.

•Ralentissement économique : En réponse aux nouvelles taxes, les partenaires commerciaux des États-Unis pourraient instaurer leurs propres barrières douanières, affectant les exportations états-uniennes.

•Réactions des marchés financiers : L’annonce de Trump inquiète déjà les investisseurs. Ce matin, les indices boursiers européens étaient en repli :
•Paris : -0,63%
•Francfort : -0,74%
•Londres : -0,23%

De son côté, Goldman Sachs a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour les États-Unis, estimant qu’il y a une probabilité d’une récession d’ici 2026.

Les partenaires commerciaux prêts à riposter

Face à cette offensive protectionniste, les principales puissances économiques mondiales préparent leur réponse.

L’Union européenne, souvent prise pour cible par Trump, a déjà averti qu’elle ne resterait pas sans réaction. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a déclaré :

« Nous ne voulons pas nécessairement prendre des mesures de représailles, mais nous disposons d’un plan solide pour le faire si nécessaire. »

La Chine, quant à elle, pourrait riposter par des sanctions sur les exportations agricoles états-uniennes, une stratégie déjà utilisée par Pékin lors des précédentes guerres commerciales.

Un pari risqué pour Donald Trump

Alors que les États-Unis entrent dans une année électorale cruciale, Donald Trump joue gros avec cette stratégie protectionniste. Son discours du 2 avril pourrait renforcer son image auprès d’une partie de son électorat, notamment les travailleurs de l’industrie et les partisans du « America First ».

Cependant, si ces mesures provoquent une inflation galopante ou une baisse de la croissance, elles pourraient également se retourner contre lui et devenir un argument pour ses opposants.

Reste à voir quelles décisions précises seront annoncées ce soir et comment elles seront accueillies sur la scène internationale.

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