D’après le porte-parole du Kremlin, ces préoccupations portent notamment sur “l’impuissance du régime de Kiev à maîtriser certains groupes extrémistes” ainsi que sur “les intentions de militarisation accrue” de l’Ukraine.(Avec : AFP et Reuters).
Le Kremlin a estimé, lundi 7 avril, que « toute une série de questions » restait à régler pour conclure un accord de cessez-le-feu avec l’Ukraine, au moment où les pourparlers initiés par Washington peinent à aboutir. Selon le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, celles-ci concernent en particulier « l’incapacité du régime de Kiev à contrôler plusieurs groupes extrémistes » et « les projets de militarisation ultérieure » de l’Ukraine.
Après trois ans d’un conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts, le président américain Donald Trump ambitionne de mettre fin aux hostilités. Pour cela, il a rompu l’isolement diplomatique imposé à son homologue russe Vladimir Poutine par les Occidentaux après le début de l’offensive en 2022. Son administration fait pression pour une fin rapide du conflit et a pour cela organisé des pourparlers indirects avec des responsables russes et ukrainiens, qui n’ont cependant abouti à aucune percée concrète.
Un premier pas sur les sites énergétiques
Sous pression américaine, Kiev avait accepté une cessation sans conditions des combats, pour 30 jours, rejetée depuis par Moscou. La Russie a donné son accord à un moratoire sur les frappes contre les sites énergétiques, bien plus limité, mais les deux belligérants s’accusent mutuellement depuis de le violer.
Ceux-ci ont aussi entériné le principe d’une trêve en mer Noire, mais le Kremlin a ensuite posé des conditions, notamment la levée de sanctions par les pays occidentaux, qui ne semblent pas être recevables à court terme. Vendredi, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a affirmé que Donald Trump ne tomberait « pas dans le piège des négociations interminables » à propos de ce conflit.
Rencontre à Istanbul entre la Russie et les États-Unis d’Amérique jeudi
Etats-Unis et la Russie tiendront jeudi à Istanbul de nouvelles discussions focalisées « uniquement » sur la stabilisation des opérations de leurs ambassades respectives, a déclaré mardi le département d’Etat américain, confirmant une information rapportée par une source diplomatique.
Plus tôt dans la journée, la presse officielle russe avait indiqué qu’une rencontre en Turquie entre des représentants des deux pays était imminente.
Washington et Moscou avaient déjà organisé une première réunion de ce type à Istanbul en février.
Au cours d’un point de presse régulier, une porte-parole du département d’Etat américain a déclaré mardi qu’aucune question politique ou sécuritaire ne serait évoquée.
« L’Ukraine n’est absolument pas au programme », a dit Tammy Bruce. « Ces discussions sont focalisées uniquement sur les opérations de nos ambassades, et non pas sur la normalisation de la relation bilatérale dans son ensemble – ce qui peut intervenir seulement, comme nous l’avons noté, une fois qu’il y aura la paix entre la Russie et l’Ukraine », a-t-elle ajouté.
Une source diplomatique a déclaré plus tôt que la réunion aurait lieu au consulat russe d’Istanbul.
D’après l’agence de presse russe TASS, citant le ministère russe des Affaires étrangères, la délégation russe sera menée par Alexander Darchiev, récemment nommé par Moscou comme ambassadeur aux Etats-Unis.
Washington et Moscou ont tenu des réunions distinctes en Arabie saoudite pour discuter de la guerre en Ukraine, dans le cadre du rapprochement opéré avec la Russie par l’administration du président américain Donald Trump.