L’alerte est au «maximale » en Équateur, en raison d’un rapport militaire révélé par les autorités sur de «possibles attentats» contre Daniel Noboa, réélu à la tête du pays après une élection contestée.
Selon les autorités de Quito, le complot visant à la vie du président Équatorien, Daniel Noboa, est fomenté par les organisations criminelles en lien avec des entités politiques ayant perdu les élections, a renseigné le communiqué publié par le gouvernement.
Des tueurs à gages seraient enrôlés depuis d’autres pays d’Amérique Latine pour mener à bien ces attaques, poursuit le communiqué, ajoutant que le pays était « en état d’alerte maximale », et que « les forces armées et la police étaient à l’œuvre pour neutraliser la menace». Cette activation des forces armées, de la police et des organismes de renseignement ne rassure pas, ont confié certains habitants de Quito (capitale de l’Équateur) à l’AFP.
« Les équatoriens ont peur de sortir. On ne vit pas tranquille mais je ne crois pas en cette menace contre le président, c’est du show, du théâtre alors qu’on devrait se mobiliser contre les trafiquants de drogue qui envahissent l’Équateur», a déclaré Joselo Gordon, gardien de sécurité. Il souhaiterait des preuves plus tangibles qu’un « rapport tenu secret».
Pour le politologue Gustavo Isch, cette menace potentielle pourrait être utilisée pour «museler» une opposition corréiste (fidèle à Rafael Correa, l’ancien président Équatorien de 2007 à 2017 réfugié en Belgique depuis 2020 – ndlr) déjà «affaiblie» par sa récente défaite électorale : «il (le président Daniel Noboa) pourra prendre par le cou les corréistes et les opposants en général. Il pourra faire pression sur eux, les effacer de l’espace public pour contrôler l’opposition.».
Une liste de politiciens et journalistes, souvent de l’opposition, qu’il faudrait contrôler aux frontières, a circulé il y a quelques jours sur les réseaux sociaux. Les dernières mésaventures de Diego Borja, ne rassurent pas de nombreux opposants. Le candidat corréiste à la vice-présidence a dû quitter l’équateur précipitamment, se réfugiant en Colombie.
Mexico rejette les accusations
«L’état d’alerte maximale», annoncé par les autorités équatoriennes, sur les bases d’un rapport des services militaires de renseignements, affirmeraient que des assassins entreraient dans le pays depuis le Mexique et que d’autres pays penseraient à mener des « attaques terroristes » contre le chef de l’État, Daniel Noboa.
La réaction de Mexico à ses accusations ne s’est pas faite attendre. Le ministère mexicain des Affaires étrangères a rejeté toute allusion suggérant que le Mexique serait la «source de prétendus actes criminels » en Équateur. «Notre pays est et sera toujours guidé par le principe de non-intervention », a assuré dans un communiqué, le ministère.
Daniel Noboa, a été réélu dimanche 13 Avril 2025, en tenant une ligne dure en matière de sécurité. Mais sa réélection avec plus de 55% des voix est contestée par Luisa Gonzalez, la candidate de la gauche, qui a dénoncé des fraudes électorales d’une «amplitude majeure».