« L’Organisation de Libération de la Palestine » a approuvé, ce jeudi 24 avril, au cours d’un vote «quasi unanime» de son Conseil Central, la création d’un poste de Vice-Président, ouvrant la voie à « la succession» de Mahmoud Abbas, de l’avis de plusieurs observateurs.
Lors d’un entretien à la «Télévision Palestinienne», Rizq Namour, membre du Conseil Central de l’OLP a indiqué que le vote convoqué «pour créer le poste de vice président», a été quasi «unanime». Il intervient alors que la communauté internationale appelle de longue date à une reformulation de l’OLP et que plusieurs pays arabes et occidentaux voudraient, que l’Autorité Palestinienne joue un rôle dans la gouvernance de la bande de Gaza après la guerre qui y sévit depuis le 7 octobre 2023.
Selon un analyste palestinien, l’initiative vise à «désigner un successeur» à Mahmoud Abbas, âgé de 89 ans. Même son de cloche pour Aref Jaffal, directeur du «Centre Al-Marsal» pour le suivi électoral. Il a expliqué à l’AFP que «le système politique palestinien est déjà dans un état lamentable, donc je pense que tous ces arrangements, sont un prélude à la désignation d’un successeur à Abbas», a-t-il affirmé.
21 ans que Monsieur Abbas est à la tête de ce parti (l’OLP) considéré par la communauté internationale comme, représentant légitime sur les questions politiques palestiniennes. Les bailleurs de fonds internationaux de l’Autorité Palestinienne, eux aussi veulent des réformes au sein de celle-ci et de l’OLP.
En l’absence de Mahmoud Abbas, le futur vice président de l’OLP sera probablement appelé à devenir le chef par intérim de l’Organisation, ainsi que de l’État de Palestine, reconnu pour l’heure par près de 150 pays.
Le Hamas rejette le projet ainsi que certaines factions palestiniennes
« La réunion du Conseil Central (de l’OLP) renforce les divisions, intensifie l’unilatéralisme et déçoit les espoirs de notre peuple en matière d’unité », a réagi, jeudi le mouvement terroriste palestinien Hamas. « Nous rejetons le maintien de cette ligne unilatérale », a ajouté le mouvement islamiste.
Plusieurs factions palestiniennes ont quitté la convention avant le vote, en désaccord avec le projet porté par Mahmoud Abbas. Cette convention a été organisée «en réponse à des pressions occidentales et en particulier américaines » a dénoncé Ramzi Rabah, un responsable du mouvement politique terroriste d’extrême-gauche marxiste et ultra-nationaliste « Front Démocratique de la Libération de la Palestine » (FDLP), qui s’en est retirée. Il balaie du revers de la main la pression extérieure qui appelle « les réformes » et fustige une pratique visant à « gommer», le discours nationaliste palestinien. « Introduire des changements structurels dans le système politique palestinien vise à permettre aux États-Unis d’exercer une influence», dans les affaires palestiniennes s’est-il offusqué.
Le « Front Populaire de Libération de la Palestine » (FPLP), autre mouvement terroriste ultra-nationaliste marxiste, a aussi claqué la porte de la convention, jugeantles projets de réformes «prématurés» et «sans concertations». Idem pour « l’Initiative Nationale Palestinienne », une formation « progressiste » qui a aussi quitté la table des débats, évoquant, dans un communiqué, «des pressions extérieures».
« L’Autorité Palestinienne » (Fatah) est au bord de la faillite, depuis l’attaque du 7 octobre 2023 perpétrée en Israël, par le mouvement terroriste islamiste palestinien Hamas, son rival (qui l’a exterminé par les armes en 2007 dans la bande de Gazah, pour y prendre le pouvoir et qui a commencé à en faire autant, en fin d’année dernière, en Cisjordanie – ndlr). Plusieurs bailleurs conditionnement «plus fermement» leur aide à la conduite des réformes politiques et institutionnelles.
Mercredi 23 avril, Mahmoud Abbas a expliqué que la création d’un poste de vice-président, permettrait de renforcer les institutions palestiniennes, ajoutant que cela aiderait à une plus large reconnaissance de l’État palestinien. Mais certains experts y voient plutôt, un stratagème visant à «donner l’illusion» d’une moindre concentration des pouvoirs à la tête de l’OLP, une autre demande de la communauté internationale sans réels effets, puisque, cette position sera sans doute plus protocolaire.