À quelques jours des célébrations du 9 mai en Russie, marquant les 80 ans de la victoire contre l’Allemagne nazie, les tensions diplomatiques s’intensifient entre Moscou et Kiev. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que son pays ne pouvait garantir la sécurité des dirigeants internationaux attendus à Moscou pour l’événement, une déclaration immédiatement qualifiée de « menace directe » par la Russie.
Lors d’un entretien avec des journalistes le vendredi 2 mai, Zelensky a affirmé que la Russie pourrait mener des actions violentes durant la cérémonie – tels que des incendies ou des explosions – pour ensuite en attribuer la responsabilité à l’Ukraine.
« On ne sait pas ce que la Russie fera à cette date. Elle pourrait prendre différentes mesures, comme des incendies, des explosions, et ensuite nous accuser », a-t-il déclaré.
Le président ukrainien a également insisté sur le fait qu’aucun dirigeant ne devrait contribuer à redorer l’image internationale de Vladimir Poutine :
« Personne n’aidera Poutine à jouer à ce genre de jeu pour donner une douce atmosphère à sa sortie d’isolement, le 9 mai, et mettre à l’aise et en sécurité les dirigeants, les amis et les partenaires de Poutine qui viendront sur la place Rouge. »
Réaction virulente de Moscou
En réponse, la Russie a vivement dénoncé les propos du président ukrainien. Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a accusé Zelensky de menacer la sécurité physique des vétérans et des invités étrangers :
« Il menace la sécurité physique des vétérans qui viendront aux parades et aux célébrations de ce jour sacré », a-t-elle écrit sur Telegram.
« Sa déclaration (…) constitue bien sûr une menace directe. »
Le Kremlin prévoit de célébrer l’événement en grande pompe à Moscou, avec la participation d’une vingtaine de chefs d’État, dont les présidents chinois Xi Jinping et brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, ainsi que ceux du Bélarus, du Kazakhstan, de l’Arménie, de Cuba et du Venezuela.
Zelensky rejette les « mini-trêves » de Moscou
Zelensky a également profité de cet échange avec la presse pour rejeter fermement la proposition russe de cessez-le-feu temporaire du 8 au 10 mai.
« C’est impossible de s’entendre sur quelque chose en trois, cinq ou sept jours. Soyons honnêtes. C’est une performance théâtrale de sa part », a-t-il estimé en parlant de Vladimir Poutine.
Kiev réclame au contraire un cessez-le-feu total et inconditionnel comme condition préalable à toute négociation sérieuse.
Moscou, de son côté, soutient vouloir des pourparlers de paix, mais se méfie d’une trêve prolongée qui, selon elle, pourrait permettre à Kiev de se réarmer avec l’aide de ses alliés occidentaux. Une courte trêve avait déjà été proposée par la Russie durant le week-end de Pâques, acceptée par l’Ukraine, mais suivie d’une reprise intense des frappes russes dès le lundi.
Trump et le conflit ukrainien
Volodymyr Zelensky a enfin évoqué sa rencontre du 26 avril avec le président américain Donald Trump au Vatican. Selon lui, cet échange aurait permis au chef d’État américain de percevoir « un peu différemment » la réalité du conflit en Ukraine.
La Maison-Blanche a confirmé que le président Trump soutient un cessez-le-feu permanent, estimant qu’une trêve temporaire comme celle proposée par la Russie du 8 au 10 mai ne suffit pas à faire avancer un véritable processus de paix.