Pérou : treize personnes enlevées et retrouvées mortes dans une mine du nord, la présidence annonce des mesures d’urgence

La présidente péruvienne, Dina Boluarte a annoncé lundi 5 mai, une série de mesures dans la province de Pataz, dans le nord du pays, au lendemain de la découverte des corps de treize employés d’une compagnie minière qui avaient été enlevés.

Treize personnes ont été retrouvées mortes, dimanche 4 mai 2025, dans une mine quelques jours après avoir été enlevées dans la ville de Pataz, sur les hauts plateaux du nord du Pérou, a déclaré la compagnie minière Poderosa. La présidence de la République a annoncé des nouvelles mesures à l’issue de ce drame.

Parmi elles, un couvre-feu de 18h00 à 06h00 dans le district de Pataz, l’une des treize de la province du même nom, et l’établissement d’une base militaire dans le district. Dina Boluarte a également annoncé la prise « de contrôle total » par les forces armées de la zone de la mine de « La Poderosa », où ont été retrouvés les corps, et la suspension de «toute activité minière dans la province» pendant trente jours, afin de faciliter l’installation des forces de l’ordre.

Les victimes étaient employés d’une entreprise prestataire de service de « Poderosa», une importante société d’extraction d’or cotée à la bourse de Lima, la capitale du Pérou, qui a été prise pour cible ces derniers mois par des groupes armés liés à l’extraction illégale d’or. Selon la société, on décompte déjà 39 employés et mineurs artisanaux tués par les bandes criminelles qui ont pris le «contrôle» de la ville.

La compagnie minière a lancé « un appel urgent» au gouvernement afin qu’il repense sa stratégie, face à la spirale de violence incontrôlée à Pataz, en dépit de l’état d’urgence décrété depuis février 2024, et la présence d’un important contingent de police qui, malheureusement n’a pas été en mesure d’arrêter la détérioration des conditions de sécurité dans la région, jusqu’ici.

Le maire de Pataz, Aldo Carlos qui a rencontré lundi la présidente Boluarte pour chercher des solutions à l’insécurité dans sa municipalité, n’a pas caché son émotion après l’incident de dimanche. «Ce qui se passe dans ma ville me fait mal(…) S’ils me mettent en prison ou me tue, le seul responsable sera le gouvernement central », avait-il déclaré. Toujours dimanche, le gouvernement a annoncé le déploiement d’équipes spécialisées contre le crime organisé afin de retrouver les auteurs de cette tragédie.

Le Pérou fait face à une vague de crimes violents qui a conduit les autorités à déclarer l’état d’urgence dans plusieurs régions du pays.

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