Guerre en Ukraine : Moscou maintient sa proposition de cesser le feu de 3 jours, mais ripostera en cas d’attaque ukrainienne

Le Kremlin a confirmé ce mardi 6 mai l’instauration d’un cessez-le-feu temporaire de 72 heures, du 8 au 10 mai, à l’occasion des commémorations de la victoire de l’Union soviétique contre l’Allemagne nazie. Cette trêve symbolique, voulue par Vladimir Poutine, vise à marquer les célébrations du 9 mai, jour hautement symbolique en Russie. Mais Moscou a averti qu’en cas d’attaque ukrainienne, la riposte serait immédiate.

Un cessez-le-feu pour le 80e anniversaire de la Victoire

L’annonce de ce cessez-le-feu fait suite à la déclaration du président russe, le 28 avril dernier, qui avait proposé cette trêve à l’occasion du 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le 9 mai, jour de la « Victoire », plusieurs chefs d’État étrangers, dont le président chinois Xi Jinping, sont attendus à Moscou pour assister au défilé militaire sur la place Rouge.

Le Kremlin insiste sur la portée symbolique de cette initiative, voulue comme un geste de mémoire historique et de solennité. « L’initiative du président Poutine concernant un cessez-le-feu temporaire pour les jours fériés est valable, et les instructions correspondantes ont été données aux militaires », a déclaré Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin.

Une trêve conditionnelle

Cependant, ce cessez-le-feu ne sera appliqué que si les forces ukrainiennes observent également une pause dans les combats. « S’il n’y a pas de réciprocité de la part du régime de Kiev, et que les tentatives de frapper nos positions ou nos installations se poursuivent, une réponse appropriée sera immédiatement donnée », a prévenu Dmitri Peskov.

Autrement dit, Moscou ne s’interdira pas de répliquer militairement en cas d’hostilité ukrainienne pendant cette période.

Kiev sceptique : Zelensky veut une trêve plus longue

Du côté ukrainien, le président Volodymyr Zelensky a rejeté jusqu’à présent l’idée d’une trêve de courte durée. Selon lui, seule une pause d’au moins 30 jours permettrait de créer les conditions d’un dialogue utile et d’une désescalade réelle. Une exigence que Vladimir Poutine a jugée pour l’heure « prématurée » et « nécessitant encore beaucoup de travail ».

Kiev n’a à ce stade donné aucun signe concret qu’elle accepterait l’offre russe, ce qui laisse planer l’incertitude sur l’effectivité réelle de cette trêve.

Un contexte tendu, entre symboles et stratégie

Ce cessez-le-feu intervient dans un contexte militaire et diplomatique tendu. Les lignes de front restent actives dans l’est et le sud de l’Ukraine, et les deux camps s’accusent régulièrement de frappes mutuelles contre des cibles civiles et militaires. Les commémorations du 9 mai sont souvent l’occasion pour Moscou de réaffirmer sa puissance militaire et sa légitimité historique.

Face à une guerre qui entre dans sa troisième année, toute initiative de trêve, même symbolique, est scrutée de près par la communauté internationale, qui espère encore une relance des négociations.

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