Le jeudi 8 mai, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a supervisé des exercices militaires simulant des contre-attaques nucléaires, selon les médias d’État nord-coréens. Une démonstration de force qui s’est déroulée quelques heures après des tirs de missiles, attisant les inquiétudes dans une région déjà sous haute tension.
Des essais balistiques à visée stratégique
D’après l’agence officielle KCNA, les exercices comprenaient le lancement de différents types de missiles balistiques à courte portée, un système de roquettes et un missile balistique tactique. Ces manœuvres avaient pour but de tester la capacité de Pyongyang à passer rapidement à une posture de contre-attaque nucléaire en cas de crise. « L’objectif de l’exercice a été atteint, et la fiabilité du système de commandement et de mobilisation capable de réagir rapidement à toute crise nucléaire a été vérifiée », a déclaré KCNA.
De son côté, l’armée sud-coréenne a confirmé les tirs et suggéré qu’ils pourraient être liés aux exportations d’armes nord-coréennes vers la Russie, ce qui soulève d’autres interrogations sur les réelles motivations de ces essais.
Ces essais s’inscrivent en violation directe des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, qui interdisent à la Corée du Nord de développer ou de posséder des missiles balistiques. Ces engins, qui parcourent la majeure partie de leur trajectoire en dehors de l’atmosphère terrestre, sont considérés comme des vecteurs potentiels d’armes nucléaires. Pyongyang persiste toutefois à justifier ses actions comme des mesures de dissuasion contre les « provocations » américaines et sud-coréennes.
Ces nouvelles manœuvres interviennent alors que les liens entre Pyongyang et Moscou se renforcent. La Corée du Nord a récemment inauguré un destroyer lance-missiles de 5 000 tonnes, baptisé Choe Hyon, qui pourrait être équipé de missiles mer-sol et mer-air. Des analystes soupçonnent la Russie d’avoir contribué à sa conception. Ce navire de guerre constitue un ajout majeur aux capacités navales nord-coréennes, dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis et leurs alliés.
Aussi , des milliers de soldats nord-coréens auraient été envoyés en soutien aux forces russes dans la région de Koursk, que Moscou cherche à reprendre à l’armée ukrainienne. Ce soutien militaire actif va bien au-delà de la coopération diplomatique habituelle.
En 2024, les deux pays ont d’ailleurs signé un accord de défense mutuelle, lors d’une visite exceptionnelle de Vladimir Poutine en Corée du Nord. Dans la foulée, ils ont annoncé la construction du premier pont routier reliant les deux pays, symbolisant une alliance stratégique désormais assumée.
Une provocation maîtrisée ou une escalade incontrôlée ?
En pleine période de transition diplomatique mondiale, alors que les appels à la paix se multiplient, la Corée du Nord poursuit sa démonstration de puissance, défiant l’Occident et contournant les sanctions. Kim Jong Un semble vouloir envoyer un message clair : la dissuasion nucléaire reste au cœur de sa stratégie de survie et d’influence régionale.