Le Ministre des Outre-mer n’a pas réussi a concilier indépendantistes et non indépendantistes cristallisés chacuns dans leurs positions. Malgré plusieurs jours de négociations, Manuel Valls a quitté l’archipel sans accord.
Après trois jours de négociations à huis clos dans un cadre éloigné de la capitale Nouméa, indépendantistes et non indépendantistes ne sont pas parvenus à un accord au terme des négociations placées sous l’égide de l’État français.
» Nous devons reconnaître avec franchise qu’aucun accord n’a été conclu « , a avoué, jeudi 8 mai, lors d’une conférence de presse à Nouméa, le ministre français des outre-mer, Manuel Valls, un an après les émeutes les plus violentes que cet archipel français du Pacifique- Sud a connu depuis 1980.
La Nouvelle-Calédonie, reste malheureusement sans cap politique claire, faute d’accord entre les différents protagonistes( indépendantistes et non indépendantistes), à l’issue de la dernière séquence des négociations engagées cette semaine.
Ce bloquage empêche » de régler la question de la composition du corps électoral », au centre des violences insurrectionnelles de mai 2024 et celle aussi de » l’exercice du droit à l’autodétermination », a indiqué M. Valls.
Un scrutin à risque en Novembre
La prochaine échéance politique pour la Nouvelle-Calédonie est la tenue des élections provinciales, cruciales car elles déterminent la composition du gouvernement local. Elles devaient initialement se tenir en 2024 avant d’être reportées par les émeutes de mai, pour laisser une chance au dialogue. Le Conseil d’État a fixé la date maximale pour leur tenue au 30 novembre 2025.
La situation politique est totalement figée dans l’archipel depuis le boycott du dernier référendum d’autodétermination de 2021, par les indépendantistes. Quatre ans plus tard, des nouvelles négociations sur le prochain statut de la Nouvelle- Calédonie ont été relancées avec des cycles variés de discussion. Les trois déplacements de Manuel Valls sur place, ont permis de remettre autour de la table les deux camps, dont les positions difficilement conciliables, avaient rendu le dialogue impossible jusqu’ici.
Les non-indépendantistes ont refusé la proposition faite par l’État qui n’était, selon eux, rien d’autre que l’indépendance, tandis que Manuel Valls a retoqué leur contre-proposition de fédéralisme, un « séparatisme de fait » pour le ministre, où chacun vivrait de son côté, ont rapporté plusieurs médias locaux. Juste avant son départ, Manuel Valls s’est adressé aux Calédoniens leur demandant de garder espoir tout en disant son inquiétude sur une campagne électorale qui s’annonce délétère.