Les philippins ont commencé à voter ce lundi 12 mai, pour les élections de mi-mandat définies par les dissensions entre les deux dynasties au pouvoir. Sous des températures atteignant 34 degrés Celsius, certains machines à voter dans certains endroits étaient en » surchauffe », a déclaré George Garcia, Chef de la Commission électorale.
Définies par des querelles entre d’un côté le camp du président Ferdinand Marcos Jr, et de l’autre sa vice- présidente Sara Duterte, son ancienne alliée menacée de destitution, les élections de mi-mandat ont débuté ce lundi 12 mai, sur toute l’étendue du territoire des Philippines. La canicule était aussi au rendez-vous, rendant lent le processus de vote dans certains endroits, a indiqué la Commission électorale ( Comelec).
L’attention de ce scrutin se focalise sur le Sénat, en raison de son influence possible sur la prochaine élection présidentielle de 2028. Les 12 sénateurs choisi ce lundi viendront compléter avec leurs 12 collègues déjà en poste à la chambre haute, la composition du jury du procès de destitution de Sara Duterte, prévu pour juillet et qui pourrait écarter la vice-présidente de tout mandat public.
En février, la chambre des représentants avait déjà voté pour son limogeage à cause des soupçons des crimes qui pèsent contre elle ainsi que le projet d’assassinat du président Marcos Jr, dont elle est accusée.
En votant dans la matinée dans sa région natale de Davaro, Sara Duterte avait certainement en tête l’enjeu de cette élection. En effet il lui faut neuf sénateurs en sa faveur sur les 24 de la chambre haute pour qu’elle garde ses chances de participer aux élections présidentielles.
Pressentie pour succéder à son père Rodrigo Duterte, lors du scrutin présidentiel de 2022, Sara Duterte s’est retirée en faveur de Ferdinand Marcos Jr, fils de l’autocratie du même nom qui a dirigé le pays entre 1965 et 1986. Élue vice-présidente à l’issue de cet accord, les dissensions n’ont pas tardé à naître entre ces deux dynasties rivales, implosant leur union pour laisser place à des affrontements publics ses derniers mois.
Le point de non retour a été atteint lors d’une conférence de presse en novembre 2024, au cours de laquelle, Madame Duterte a déclaré avoir donné l’ordre de tuer le chef de l’État actuel, si elle était elle même tuée. Des propos qu’elle a nié par la suite, décrivant ses commentaires comme l’expression de » sa consternation » face à des échecs du président Philippin.
Douze candidats dans le cadre de cette élection sont favoris pour remporter un siège au Sénat. Ils sont tous soutenus par le président Marcos Jr, dont sa sœur, Imee Marcos. Quatre seulement sont soutenus par Sara Duterte.
Elle en mis en garde contre une fraude électorale » massive », lors de son dernier meeting de campagne, jeudi 8 mai à Manille. À l’occasion, Madame Duterte a de nouveau qualifié » d’enlèvement » le transfèrement de son père Rodrigo Duterte vers la Cour pénale Internationale.
Accusé de crimes contre l’humanité en raison de sa campagne meurtrière contre la drogue durant son mandat, l’ancien chef d’État qui a gouverné le pays entre 2016 et 2022, a été arrêté et acheminé en mars vers le tribunal de La Haye aux Pays-Bas. Il est d’ailleurs candidat dans son bastion familial de Davaro, dans le sud du pays, malgré sa détention. Il compte retrouver son ancien mandat de maire et selon un sondage local, il devait même remporter l’élection.
La rivalité entre les deux dynasties au pouvoir a pesé sur les élections et pour certains électeurs comme Roland Agassa, » le gouvernement devient stressant », a-t-il confié à l’AFP, après son vote.
Plus de 18.000 mandats sont en jeu sur l’ensemble du territoire, dans le cadre de ce scrutin. Des violences ont émaillé ce lundi les opérations de vote. Deux hommes ont été tués et sept blessés dans le centre des Philippines après une attaque devant le siège d’un parti local, par des inconnus armés.
Les autorités ont déployé près de 163.000 agents de la police pour assurer la sécurité des bureaux de vote, escorter les responsables électoraux et monter la garde au niveau de postes de contrôle. Des militaires et des pompiers sont également mobilisés pour empêcher toute violence.