Le gouvernement hongrois poursuit son offensive contre les ONG et les médias indépendants avec le dépôt au Parlement d’une loi ciblant toute structure financée par des fonds étrangers qui » menacerait la souveraineté nationale » du pays.
Le Premier ministre hongrois avait promis en mars »un grand nettoyage de Pâques » contre ses rivaux taxés de » punaises ». Aujourd’hui, Viktor Orban poursuit son offensive contre ONG et les médias indépendants, avec le dépôt au Parlement d’une loi qui cible toute structure financée par des » fonds étrangers » qui » menaceraient la souveraineté du pays ».
Le texte sur » la transparence de la vie publique » a été soumis dans la nuit de mardi à mercredi par un député du parti au pouvoir Fidesz, suscitant déjà l’inquiétude dans la presse et l’opposition.
Les organisations « violant ou critiquant » les valeurs inscrites dans la Constitution, notamment « la primauté du mariage, de la famille et des sexes biologiques », pourront être placées sur une liste noire, après recommandations de l’Autorité de souveraineté instaurée l’an dernier. Dans ce cas, elle devra demander une autorisation pour recevoir des fonds de l’étranger, ses comptes en banque seront placés sous surveillance, les transferts de donateurs bloqués s’il s’avère que le but de cet argent est » d’influencer la vie publique ».
L’organisation qui ne respecte pas ces règles, devra payer de lourdes amendes pouvant atteindre vingt-cinq fois le montant de l’aide reçue et risque l’interdiction en cas de récidive. En réaction, le média indépendant hongrois » Télex », a titré sur son site « Good morning, Russian », indiquant ainsi que cette nouvelle loi n’est pas sans rappeler la législation russe sur les « agents de l’étranger ».
L’adoption de cette loi devrait être une formalité dans un Parlement dominé par la coalition gouvernementale, mais elle devrait se heurter aux réticences de Bruxelles, qui avait lancé l’an dernier une procédure d’infraction contre la mise en place de l’Autorité de souveraineté. Le bureau diligente depuis sa création des enquêtes contre l’ONG anticorruption « Transparency International » et le site d’investigation « Atlatszo », soulignant qu’ils représentaient une menace pour la souveraineté de la Hongrie.