Guerre Russie – Ukraine : Le président français songe à équipe les avions Rafales de bombes nucléaires – Moscou le met en garde après ses déclarations

Les récentes déclarations d’Emmanuel Macron sur un possible déploiement de l’arme nucléaire française via les Rafale dans l’Est de l’Europe ont immédiatement provoqué une réaction ferme du Kremlin. Dans un contexte de guerre prolongée en Ukraine et d’incertitudes sur les garanties américaines de sécurité, la question de la dissuasion nucléaire européenne revient sur le devant de la scène.

Macron évoque un tournant stratégique

Le mardi 13 mai, lors d’un entretien télévisé sur TF1, le président français a déclaré :

« Nous sommes prêts à ouvrir cette discussion [sur l’extension de la dissuasion nucléaire française en Europe]. J’en définirai le cadre dans les semaines et les mois qui viennent. »

Emmanuel Macron, sans entrer dans les détails, a laissé entendre que des avions Rafale armés d’ogives nucléaires pourraient être engagés dans une stratégie européenne de dissuasion. Il a toutefois ajouté que cela ne se ferait pas « en soustraction de ce qu’on a », insistant sur la primauté de la souveraineté française en matière de défense.

Réaction de Moscou : inquiétude et avertissement

Dès le lendemain, le Kremlin a répondu par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov, estimant que ce type de déploiement :

« N’apporterait ni sécurité, ni stabilité, ni prévisibilité au continent européen. »

Moscou s’est dite « étonnée » par les propos du président français et a réaffirmé sa préférence pour une nouvelle architecture de sécurité stratégique européenne, impliquant la Russie, les États-Unis et les principales puissances européennes.

L’Europe face à la crainte d’un repli américain

Cette prise de position d’Emmanuel Macron s’inscrit dans un contexte de remise en question du rôle sécuritaire des États-Unis en Europe, notamment depuis le retour de Donald Trump à la présidence. Trump a plusieurs fois exprimé des critiques envers l’OTAN, suggérant que les États-Unis pourraient réduire leur engagement si les Européens ne prenaient pas davantage en charge leur propre défense.

Le président allemand élu, Friedrich Merz, a récemment appelé l’Europe à se préparer au pire scénario, dans l’hypothèse d’un désengagement américain.

En réponse, Emmanuel Macron plaide pour un renforcement de la souveraineté stratégique européenne, notamment via la dissuasion nucléaire, tout en appelant à un « débat stratégique » entre alliés d’ici à l’été.

Une Europe divisée, mais contrainte de réfléchir

L’idée d’une dissuasion nucléaire européenne, qu’elle soit élargie ou mutualisée, divise profondément au sein de l’Union. Si certains saluent une volonté de souveraineté, d’autres redoutent une escalade ou une perte de contrôle. Mais tous reconnaissent que la situation sécuritaire actuelle oblige à des décisions structurantes.

Les propos de Macron ont peut-être lancé un nouveau chapitre dans l’histoire de la sécurité européenne. Face à une Russie toujours plus agressive et une Amérique imprévisible sous la présidence Trump, l’Europe semble contrainte de penser par elle-même sa propre dissuasion y compris nucléaire. Reste à savoir jusqu’où elle est prête à aller.

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