Corée du Nord : Kim Jong-un furieux après l’échec spectaculaire du lancement d’un destroyer – plusieurs hauts responsables arrêtés

Un grave incident survenu lors du lancement d’un nouveau navire de guerre nord-coréen a provoqué la colère du dirigeant Kim Jong-un, qui a dénoncé un « acte criminel » et ordonné une série d’arrestations parmi les responsables du programme militaire.

Le drame s’est produit mercredi dernier à Chongjin, une ville portuaire du nord-est de la Corée du Nord, lors d’une cérémonie officielle organisée pour mettre à l’eau un destroyer de 5 000 tonnes. Selon l’agence d’État KCNA, un « grave accident » est survenu lors du lancement, endommageant sérieusement le navire sous les yeux de Kim Jong-un, présent sur place.

Un navire broyé dès la mise à l’eau

D’après les premiers rapports, une tentative de lancement latéral a échoué. Des sections du fond du navire ont été « broyées », compromettant sa stabilité et provoquant une inclinaison inquiétante du bâtiment. Le nom du destroyer n’a pas été précisé, mais certains analystes estiment qu’il pourrait s’agir d’un modèle similaire au Choe Hyon, un navire de classe destroyer dévoilé récemment et présenté comme étant équipé des « armes les plus puissantes » de la marine nord-coréenne.

Les services de renseignement sud-coréens et américains confirment qu’aucune brèche n’a été détectée à ce stade, mais que le navire reste en mauvaise posture, partiellement incliné. Une enquête sous-marine est en cours.

Kim Jong-un furieux, les têtes tombent

La réaction du leader nord-coréen a été immédiate. Kim Jong-un a dénoncé « une négligence totale » et « l’inexpérience du commandement », qualifiant l’incident d’« acte criminel » qui « ne pouvait être toléré ». Il a ordonné une enquête interne et annoncé que les fautes commises seraient examinées lors de la prochaine réunion plénière du Comité central du Parti.

Dès dimanche, trois premiers responsables ont été arrêtés : l’ingénieur en chef du chantier naval de Chongjin, le chef de l’atelier de construction, et un directeur administratif. Ce lundi, un quatrième haut cadre a été interpellé : Ri Hyong Son, vice-directeur du département de l’industrie des munitions du Parti, désigné comme « grandement responsable » de la catastrophe.

Des soupçons de coopération avec la Russie

Ce nouvel incident met aussi en lumière les soupçons persistants de coopération militaire entre Pyongyang et Moscou. Selon des experts sud-coréens, le destroyer endommagé pourrait avoir été construit avec l’aide technique de la Russie, en échange de l’envoi de troupes nord-coréennes pour appuyer l’effort de guerre russe en Ukraine. Le Choe Hyon, dévoilé il y a quelques semaines, serait lui aussi potentiellement équipé de missiles nucléaires tactiques, bien que la Corée du Nord n’ait jamais démontré sa capacité à miniaturiser ses armes nucléaires.

Tirs de missiles en parallèle

Dans un climat militaire déjà tendu, l’armée sud-coréenne a rapporté jeudi que la Corée du Nord avait procédé au tir de « plusieurs missiles de croisière non identifiés » en direction de la mer de l’Est (mer du Japon). Ces tirs, qui coïncident avec l’enquête en cours sur l’accident naval, pourraient représenter une tentative de détourner l’attention ou de démontrer la puissance de feu du régime malgré les déboires rencontrés.

Laisser un commentaire