France – Macron et la « gifle » de Brigitte : un simple geste, une tempête idéologique ?

À sa descente d’avion pour une visite officielle au Vietnam, le président des Français, Emmanuel Macron, a été brièvement touché au visage par son épouse, Brigitte Macron, dans une gestuelle captée par les caméras. Une séquence de quelques secondes, anodine pour certains, mais devenue virale et exploitée par d’autres dans un climat international tendu, où la manipulation de l’opinion est devenue monnaie courante.

Derrière une séquence banale entre époux, une mécanique de désinformation internationale se met en marche

La vidéo, authentique et filmée par l’agence de presse Associated Press, montre Brigitte Macron poser sa main sur le visage de son mari alors qu’ils entament leur descente de l’escalier présidentiel. Les expressions corporelles et les sourires échangés ne laissent pourtant que peu de place à une interprétation violente du geste.

Pourtant, sur les réseaux sociaux et certains canaux médiatiques étrangers, le clip a rapidement été monté en épingle, qualifié de « gifle », voire de « correction publique ». L’Élysée, dans un premier temps déstabilisé par la rapidité de la diffusion, a évoqué la possibilité d’une vidéo trafiquée, avant de confirmer son authenticité. Le président Macron a lui-même tenu à dédramatiser, parlant d’une « bousculade amicale » dans un moment de complicité conjugale.

Derrière la disproportion de la réaction publique se cache une réalité plus profonde. Selon des spécialistes de la désinformation, notamment en contexte géopolitique, la vidéo a été rapidement reprise par des relais d’influence russes, puis amplifiée par des cercles de l’extrême droite états-unienne et union-européenne.

Ce phénomène s’inscrit dans une stratégie bien connue : décrédibiliser les chefs d’État occidentaux en alimentant l’opinion publique à coups de séquences sorties de leur contexte. Le but ? Affaiblir la confiance dans les institutions, ridiculiser la fonction présidentielle, détourner l’attention des vrais enjeux.

Cette affaire pose une question cruciale : comment un simple geste privé peut-il, en quelques heures, être instrumentalisé pour servir des intérêts géopolitiques ? Elle révèle également une inquiétante tendance des citoyens du monde connecté : celle de consommer l’image avant de chercher le sens, de commenter avant de comprendre, de juger avant d’informer.

Il ne s’agissait ni d’un incident diplomatique, ni d’un accroc conjugal. Simplement d’un moment humain, saisi par la caméra et déformé par les prismes idéologiques d’une époque friande de scandales.

L’hystérisation de cette scène, dans un contexte de guerre de l’information où les acteurs étatiques et non étatiques rivalisent de narratifs, doit être mise en perspective. L’Union européenne, dont fait partie la France, est aujourd’hui une cible privilégiée des campagnes russes de déstabilisation. De même, les chefs d’État des puissances occidentales, à commencer par ceux des États-Unis d’Amérique et de leurs alliés, sont régulièrement tournés en ridicule dans le but de discréditer les systèmes démocratiques.

Brigitte Macron, déjà ciblée par des rumeurs diffamatoires sur son identité de genre; affaire pour laquelle des poursuites judiciaires sont en cours incarne malgré elle ce nouveau front de la guerre hybride : celui de l’image, du récit, du soupçon.

À l’heure où une séquence de quelques secondes suffit à bouleverser la perception collective, l’affaire dite « de la gifle » devrait nous rappeler que l’information n’est jamais neutre lorsqu’elle circule hors de son contexte. La Boussole – infos, fidèle à sa mission, se tient du côté des faits et des vérités, même lorsqu’ils contredisent les emballements idéologiques.

Céline Dou

Laisser un commentaire