Gaza : des réservistes israéliens condamnés pour refus de combattre tandis que le Hamas rejetterait une offre de cessez-le-feu

La guerre à Gaza continue de provoquer des remous non seulement sur le terrain diplomatique, mais aussi au sein même de l’armée israélienne. Tandis que les États-Unis d’Amérique affirment que le mouvement terroriste Hamas a rejeté la dernière proposition de cessez-le-feu, plusieurs réservistes israéliens ont été condamnés à des peines de prison pour avoir refusé de répondre à l’appel à combattre dans la bande de Gaza.

Le Hamas accusé de rejeter la dernière proposition de trêve

Le mouvement terroriste islamiste palestinien Hamas a déclaré avoir accepté une nouvelle proposition de cessez-le-feu transmise par des médiateurs internationaux, mais cette affirmation a été rapidement contredite par les autorités américaines.

Le porte-parole de l’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a confirmé à l’AFP que « le Hamas n’a pas accepté la dernière offre de cessez-le-feu ». « Ce que j’ai vu du Hamas est décevant et complètement inacceptable », a déclaré M. Witkoff au média américain Axios, qualifiant les déclarations du mouvement islamiste de trompeuses.

La proposition, transmise par le Qatar, l’Égypte et les États-Unis, prévoyait une trêve de 70 jours accompagnée de la libération de 10 otages israéliens, un retrait partiel de l’armée israélienne de Gaza et la libération d’un grand nombre de prisonniers palestiniens. En contrepartie, des négociations pour un cessez-le-feu permanent devaient être engagées, sous garanties américaines.

Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, s’est engagé à rapatrier tous les otages israéliens, vivants ou morts, mais n’a pas fait de commentaire direct sur cette offre de trêve.

Des soldats israéliens refusent de combattre : des peines de prison prononcées

Parallèlement aux tensions diplomatiques, l’armée israélienne (Tsahal) fait face à une vague de refus de la part de ses propres réservistes. Ces derniers jours, plusieurs d’entre eux ont été condamnés à des peines de prison pour avoir rejeté les appels à servir dans la bande de Gaza.

Parmi eux, Ron Feiner, accueilli sous les applaudissements à son arrivée à la prison de Kfar Yona, où il doit purger une peine de 20 jours. Ayant déjà servi près de 270 jours au Liban, il dénonce l’ampleur des destructions causées par l’armée israélienne à Gaza :

« Ce que je vois de la situation à Gaza est insoutenable. L’armée impose beaucoup trop de destructions », a-t-il déclaré, casque en main, marqué par une balle.

Un autre réserviste, Daniel Yahalom, a également refusé de participer à l’opération terrestre « Chars de Gidéon » lancée le 17 mai. Il a purgé cinq jours de prison pour son refus.

« Même si cette guerre pouvait sembler justifiée après le 7 octobre, elle est aujourd’hui instrumentalisée à des fins politiques », a-t-il dénoncé lors d’une manifestation.

Depuis le début de la guerre, 295 000 réservistes israéliens ont été mobilisés, avec une moyenne de 61 jours de service. Mais un nombre croissant d’entre eux rejette les rappels successifs, dénonçant l’épuisement, l’injustice dans la répartition des missions, et le manque de perspectives diplomatiques.

Des lettres et vidéos circulent sur les réseaux sociaux, où les soldats appellent à mettre fin à la guerre ou à cesser de rappeler toujours les mêmes unités. « Chaque jour, de plus en plus de soldats nous rejoignent. C’est un acte patriotique pour préserver l’avenir de ce pays », a déclaré Stav, un autre réserviste ayant décidé de ne plus répondre aux convocations militaires.

Une guerre de plus en plus contestée, à l’intérieur comme à l’extérieur

Entre stagnation diplomatique et épuisement du corps militaire, le conflit à Gaza entre dans une phase de plus en plus complexe pour Israël. Si la pression militaire reste forte, les divisions internes et les incertitudes sur une issue politique durable rendent la situation explosive. Tandis que les médiateurs internationaux continuent d’appeler au dialogue, la réalité du terrain, elle, laisse peu de place à l’optimisme.

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