Haiti: l’ONU alerte sur les expulsions des femmes enceintes depuis la République Dominicaine

Alors que la crise humanitaire s’intensifie en Haïti, l’équipe humanitaire des Nations Unies dans ce pays tire la sonnette d’alarme après l’expulsion de milliers de personnes depuis la République dominicaine, dont un nombre alarmant de femmes enceintes et allaitantes, en violation flagrante des normes internationales.

Dans un communiqué, l’équipe humanitaire des Nations unies en Haïti « exprime sa profonde inquiétude concernant l’augmentation du nombre de femmes enceintes et allaitantes expulsées de République dominicaine vers Haïti, en violations « des normes internationales ».

En un mois, près de 20 000 personnes ont été renvoyées de République dominicaine vers Haïti, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Parmi elles, des centaines de femmes enceintes ou allaitantes, expulsées à un rythme alarmant de 30 par jour. L’ONU s’inquiète de cette « violation des normes internationales« , d’autant plus que ces expulsions concernent des populations extrêmement vulnérables. 

Des médias locaux rapportent des témoignages glaçants : des femmes haïtiennes violées par des agents des services d’immigration pour échapper à l’expulsion. Des abus qui illustrent l’inhumanité de cette politique fustige l’ONU. Haïti, déjà ravagé par les violences des gangs (meurtres, viols, enlèvements), voit sa crise s’aggraver. Plus d’un million de déplacés fuient les zones contrôlées par les bandes armées. Dans ce contexte, le retour forcé de milliers de personnes, dont des femmes enceintes, aggrave la catastrophe humanitaire estime les Nations-Unies.

Ulrika Richardson, coordinatrice humanitaire de l’ONU pour Haïti, a indiqué qu' »Il est impératif que les engagements de protection des populations vulnérables soient respectés. Ces expulsions soulèvent des inquiétudes graves en matière de droits humains. » L’ONU appelle par conséquent à des politiques migratoires respectant la dignité humaine, une solidarité régionale face à une crise qui dépasse les frontières. Cette situation met en lumière l’urgence d’une réponse internationale pour protéger les droits des migrants et éviter une tragédie humanitaire encore plus profonde a souligné l’organisation internationale.

Le président dominicain Luis Abinader a fait de la lutte contre l’immigration haïtienne une priorité. Depuis avril, 15 mesures restrictives ont été mises en place, dont l’obligation pour les étrangers de présenter des papiers pour se faire soigner à l’hôpital. Ceux qui ne peuvent justifier leur séjour sont expulsés immédiatement après leur traitement.

Dans une rare réaction officielle, le ministère des Affaires étrangères d’Haïti a exprimé dans un communiqué « ses plus grandes préoccupations face aux actes xénophobes » et « à la violation des droits » subis par ses ressortissants dans le pays voisin, citant en particulier « les mauvais traitements » infligés aux « femmes enceintes et allaitantes ».
Le ministère a appelé à privilégier le « dialogue », s’en remettant aux « organisations de la société civile » pour « faire respecter les droits de nos compatriotes où qu’ils se trouvent ».

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