L’administration Trump projette une initiative explosive : transférer des milliers d’étrangers en situation irrégulière vers la base militaire étatsunienne de Guantánamo, dont des ressortissants européens, notamment des Français, Italiens, Allemands, Britanniques, Belges, Irlandais, et même des Ukrainiens. Le « Washington Post » a révélé ce plan, qui suscite déjà de vives inquiétudes parmi les alliés des États-Unis d’Amérique.
Un camp tristement célèbre réactivé
Utilisée depuis 2002 pour détenir des terroristes présumés, la prison de Guantánamo est connue dans le monde entier pour ses pratiques controversées, notamment les interrogatoires musclés, les détentions prolongées sans procès, et les violations présumées des droits humains.
Si sa population carcérale a fortement diminué sous les présidences précédentes, Donald Trump entend désormais réutiliser ce site emblématique comme centre de rétention pour migrants.
Selon des documents consultés par le Washington Post, environ 9 000 migrants doivent subir un examen médical pour vérifier leur aptitude physique à être transférés vers la base. L’administration estime que GTMO « n’atteint pas sa capacité maximale » et pourrait accueillir de nouveaux détenus, sans préciser de chiffre plafond.
Des ressortissants européens visés sans notification aux gouvernements
Fait alarmant : les pays d’origine ne seraient pas prévenus du transfert de leurs citoyens. Figurent sur la liste des nationalités concernées des États membres de l’Union européenne, mais aussi la Turquie et l’Ukraine. Le silence de Washington sur les critères de sélection et sur la durée de détention prévue alimente les inquiétudes diplomatiques.
L’idée même de placer des ressortissants européens à Guantánamo, sans procès ni communication bilatérale, représente un choc diplomatique potentiel. Paris, Berlin, Londres ou encore Bruxelles pourraient très prochainement exiger des explications formelles.
Un plan pour désengorger les centres de rétention américains
Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un plan plus vaste. Donald Trump mène actuellement la plus grande vague d’expulsions de l’histoire des États-Unis. Ses centres de détention sont saturés. Le président a donc proposé, dès janvier 2025, d’envoyer jusqu’à 30 000 migrants à Guantánamo.
Stephen Miller, proche conseiller de Trump, avait déclaré en mai :
« Nous visons 3 000 arrestations par jour pour l’ICE. »
Cela implique des arrestations massives, parfois sans audience préalable, suivies de détentions prolongées.
Les droits humains une nouvelle fois remis en question
Les ONG et les juristes tirent déjà la sonnette d’alarme. La décision d’envoyer des migrants à Guantánamo, sans procédure judiciaire claire, ni respect du droit international, rappelle les heures les plus sombres de la lutte antiterroriste post-11 septembre.
« Guantánamo est un symbole de torture, pas un centre pour migrants », dénonce Human Rights Watch. Amnesty International parle d’un « coup porté au droit d’asile et à la dignité humaine ».
Après les migrants, des criminels américains bientôt expulsés au Salvador ?
Autre annonce déroutante : la Maison-Blanche envisagerait désormais d’expulser certains criminels américains vers le Salvador, dans le cadre d’un accord bilatéral de « traitement à l’étranger des condamnés ». Là encore, les conséquences légales sont floues et les critiques pleuvent.
Une rupture historique avec les alliés ?
Le projet de transfert à Guantánamo de ressortissants européens pourrait mettre à mal les relations transatlantiques. Le Parlement européen, la Commission de Bruxelles ou les chancelleries européennes pourraient exiger des clarifications immédiates. Pour certains analystes, cette mesure représenterait un point de rupture entre les États-Unis de Donald Trump et l’Europe.
Un diplomate européen, sous couvert d’anonymat, s’alarme :
« Ce n’est plus une politique migratoire, c’est une provocation géopolitique. »
Une nouvelle ère autoritaire ?
Alors que le débat sur l’immigration divise profondément l’Amérique et que Donald Trump entend faire de la fermeté un pilier de sa politique, le retour de Guantánamo dans l’équation migratoire marque une radicalisation inquiétante. En dépit de l’indignation naissante, l’administration semble déterminée à avancer.
Reste à savoir si les alliés des États-Unis resteront silencieux face à ce glissement sans précédent.