Guerre Russie-Ukraine : l’Union européenne renforce la pression économique sur la Russie pour « favoriser » un retour aux négociations

L’Union européenne poursuit sa stratégie de pression économique contre Moscou dans le cadre du conflit russo-ukrainien. À quelques jours du sommet du G7 prévu au Canada du 15 au 17 juin, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé, mardi 10 juin, de durcir les sanctions économiques visant la Russie, en particulier dans le secteur pétrolier. L’objectif affiché : contraindre la Russie à engager des pourparlers sérieux en vue d’un cessez-le-feu.

Vers un abaissement du plafond sur le pétrole russe

L’une des mesures phares du nouveau “paquet” de sanctions proposé par la Commission est la baisse du plafond du prix de vente du baril de pétrole russe, actuellement fixé à 60 dollars, à 45 dollars. Ce mécanisme, mis en place initialement par les pays du G7 en décembre 2022, visait à limiter les revenus pétroliers de la Russie tout en maintenant une certaine stabilité sur le marché mondial. D’après Ursula von der Leyen, cette initiative a déjà entraîné une réduction de 30 % des recettes pétrolières russes, qui représentent encore environ un tiers des revenus du pays.

« La force est le seul langage que la Russie va comprendre », a-t-elle déclaré, appelant à un véritable cessez-le-feu et à des négociations crédibles. La Commission espère que le sommet du G7 actera l’adoption de ce nouveau seuil et l’extension des sanctions.

Une 18e série de sanctions européennes

Il s’agirait du 18e train de sanctions adopté par l’Union européenne depuis le début de l’offensive russe en Ukraine en 2022. Ce nouveau paquet doit toutefois être approuvé à l’unanimité par les 27 États membres. La Hongrie et la Slovaquie ont déjà exprimé certaines réserves.

Parmi les mesures envisagées figurent l’ajout de 70 pétroliers dits “fantômes” à la liste noire de l’UE, en plus des quelque 400 déjà recensés. Ces navires seraient utilisés par la Russie pour contourner les sanctions. De nouvelles sanctions pourraient également viser 22 banques russes supplémentaires, en les excluant du système Swift, ainsi que plusieurs entreprises, y compris des sociétés basées en Chine, accusées d’aider Moscou à échapper aux sanctions existantes.

Gaz, Nord Stream et dépendance européenne

La Commission européenne entend aussi prendre des mesures contre le gazoduc Nord Stream, actuellement à l’arrêt, pour empêcher toute remise en service future. « Il n’y aura pas de retour dans le passé », a déclaré Ursula von der Leyen, rappelant la volonté de l’UE de tourner définitivement la page de la dépendance énergétique à la Russie.

Malgré l’interdiction d’importation de pétrole russe, l’Union européenne continue toutefois à acheter du gaz en provenance de Russie, notamment sous forme liquéfiée. La France reste l’un des principaux clients à ce jour. Début mai, la Commission a présenté un plan pour mettre fin à ces achats d’ici à la fin de l’année 2027.

Divergences au sein du G7

Si l’UE espère convaincre les membres du G7 de renforcer les sanctions contre Moscou, l’approbation des États-Unis pourrait s’avérer délicate. L’administration Trump, actuellement au pouvoir à Washington, se montre réticente à l’idée d’imposer de nouvelles restrictions économiques à la Russie. Ursula von der Leyen a néanmoins rappelé que la première décision commune du G7 en 2022 avait été “un succès” et qu’elle comptait sur un effort renouvelé au sommet de Kananaskis.

En misant sur un renforcement de la pression économique, l’Union européenne cherche à influencer l’équilibre du conflit en Ukraine, en ciblant directement les capacités de financement de la guerre par la Russie. Reste à savoir si l’unanimité pourra être obtenue au sein de l’UE et si le G7 emboîtera le pas, dans un contexte géopolitique toujours tendu.

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