Des dizaines de milliers de personnes ont participé aux marches du silence organisées en solidarité avec le sénateur et candidat à l’élection présidentielle Miguel Uribe ce dimanche en Colombie. Victime d’un attentat par balle il y a 8 jours, l’homme reste dans un état critique. L’auteur des tirs, un adolescent de 15 ans, a été arrêté, mais l’attentat n’a pas été revendiqué, ni élucidé.
Alors que le sénateur et candidat à l’élection présidentielle, Miguel Uribe se bat contre la mort après avoir reçu des tirs samedi 7 juin à Bogota au cours de ce que les autorités ont appelé « un attentat », des dizaines milliers ont participé dimanche aux marchés de solidarité en faveur du politicien âgé de 39 ans, au son des « Courage Miguel », scandés par la foule, vêtue de blanc.
Les manifestants disent tous leur refus de la polarisation politique et de la violence, suite à cet attentat commis contre Uribe par un adolescent de 15 ans, qui a été arrêté, mais dont l’acte n’a toujours pas été revendiqué. En revanche, l’union n’est pas tout à fait à l’ordre du jour. Le slogan « dehors Petro », domine le cortège. Les manifestants sont aussi là pour faire savoir au président de gauche qu’ils le détestent.
Malheureusement, nous traversons une crise de terreur à cause de ce président inepte et despote qui ne sait pas gouverner et qui maintenant est en campagne pour devenir dictateur », peste un manifestant. La droite soupçonne le président Petro, qui ne peut pas briguer un deuxième mandat, de vouloir s’incruster au pouvoir après août 2026.
En fin de journée, le chef de l’État a écrit sur son compte « X »: « Le peuple en entier s’est uni pour la vie du sénateur Uribe pour que cesse la violence dans toute la grande Colombie ». Un ton inhabituellement serein pour un message présidentiel signé Petro, a été remarqué.
Son avocat a porté plainte contre l’unité de police
Seulement trois policiers spéciaux protégeaient le sénateur Miguel Uribe dimanche 8 juin, lors de cette réunion publique en pleine rue, et alors qu’il était entouré d’une foule très proche de lui. Trois policiers, au lieu des sept prévus par le protocole. L’avocat du candidat, Victor Mosquera, dénonce une erreur grave dans l’estimation du risque. Il a indiqué deux jours après ce drame porter plainte contre le directeur de l’Unité nationale de protection (UNP), qu’il accuse d’avoir ignoré ses multiples demandes pour faire renforcer le dispositif de sécurité de son client.
« En 2025, nous avons fait plus de 23 demandes de renforcement de la sécurité du sénateur. La dernière demande a été déposée le 5 juin dernier, mais on nous l’a refusée en affirmant qu’il n’y avait pas de risque, et qu’ils ne pouvaient donc pas l’accompagner dans ses déplacements », signale-t-il.
Le directeur de cette unité de protection soutient que trois de ses agents étaient sur place, mais que quatre policiers réguliers les auraient épaulés. Sa position est confortée par la procureure, qui confirme que le sénateur Miguel Uribe recevait le même niveau de protection que les autres parlementaires, et qu’il n’avait pas fait l’objet de menaces de mort. Pas sûr que cet argument suffise à protéger ce directeur. Le président Gustavo Petro a dénoncé une « réduction étrange » du dispositif de sécurité le jour de l’attentat.
Depuis l’époque du cartel de Medellin de Pablo Escobar, qui a semé la terreur dans le pays sud-américain dans les années 1980 et 1990, les groupes criminels utilisent des mineurs pour commettre leurs crimes. En général, ces jeunes proviennent de milieux défavorisés ou vivent loin de leurs parents.