Le sommet du G7 se poursuit au Canada malgré le départ prématuré de Donald Trump face à la crise au Moyen-Orient

Le président états-Unien , Donald Trump, a quitté précipitamment le sommet du G7, qui se tient au Canada jusqu’à ce mardi, en raison de la situation au Moyen-Orient. Juste avant son départ lundi soir, il a signé un communiqué commun dans lequel les dirigeants présents affirment le droit d’Israël à « se défendre »

Le président des EUA Donald Trump a quitté le sommet du Groupe des Sept (G7) qui se tient dans une station balnéaire des Rocheuses canadiennes lundi soir en raison de l’intensification du conflit entre Israël et l’Iran et de l’instabilité régionale croissante au Moyen-Orient. Son séjour dans les Rocheuses canadiennes devait se prolonger jusqu’à mardi en fin de journée, il « rentre à Washington pour s’occuper de nombreux sujets importants », a indiqué la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, dans un court communiqué.

Donald Trump a précisé que son retour anticipé n’a « rien à voir avec un cessez-le-feu » entre Israël et l’Iran contrairement à ce qu’avait expliqué Emmanuel Macron. Auparavant, les dirigeants mondiaux présents au sommet se sont efforcés de trouver un moyen de contenir le conflit qui dure depuis cinq jours et qui a coûté la vie à des dizaines de personnes en Israël et en Iran. Quelques heures plutôt, M. Trump avait prévenu que Téhéran devait démanteler son programme nucléaire avant qu’il ne soit « trop tard ».

Il a ajouté que les dirigeants iraniens « aimeraient discuter », mais qu’ils avaient déjà eu 60 jours pour parvenir à un accord sur leurs ambitions nucléaires et qu’ils n’y étaient pas parvenus avant le début de l’assaut aérien israélien il y a quatre jours. « Ils doivent conclure un accord », a-t-il insisté.

Dans le texte qu’il a paraphé avec ses homologues, les sept dirigeants affirment que « l’Iran est la principale source d’instabilité et de terrorisme dans la région » et ajoutent: « Nous avons toujours été clairs sur le fait que l’Iran ne pourra jamais disposer d’une arme nucléaire ». « Nous demandons instamment que la résolution de la crise en Iran aboutisse à une désescalade plus vaste des hostilités au Moyen-Orient, y compris à un cessez-le-feu à Gaza », écrivent enfin les dirigeants du G7.

Alors que les spéculations montaient sur une participation active Etats-unienne à l’offensive aérienne sans précédent d’Israël, la Maison Blanche a redit peu après que les forces américaines restaient « dans une posture défensive » au Moyen-Orient.

Israël et l’Iran échangent barrages de missiles et menaces guerrières pour la cinquième nuit consécutive, Téhéran annonçant des frappes « sans interruption jusqu’à l’aube » après une nouvelle vague d’attaques israéliennes contre sa télévision nationale et plusieurs autres cibles

Également depuis le Canada, le président français Emmanuel Macron a lui averti que vouloir renverser le régime iranien par la force serait une « erreur stratégique », en appelant à « cesser » les frappes contre les civils, que ce soit en Iran et en Israël. 

« Tous ceux qui croient qu’en frappant avec des bombes depuis l’extérieur on sauve un pays malgré lui-même et contre lui-même se sont toujours trompés », a-t-il ajouté.

Trump suggère que le G7 s’élargisse pour accueillir la Russie et la Chine

Le président des EUA a également suscité la controverse lors du sommet en suggérant que le G7 s’élargisse au G8, avec la Russie, voire au G9 avec la Chine. M. Trump a exprimé sa préférence pour l’élargissement de l’organisation en dépit du fait que la Russie et la Chine sont des régimes autoritaires au sein d’un groupe dont les membres sont des nations démocratiques.

Il a affirmé que le retrait de la Russie en 2014, après l’annexion de la Crimée, avait été une « très grosse erreur », qui a précédé l’invasion plus large de l’Ukraine par la Russie en 2022.

Ces commentaires ont rendu plus complexes les intérêts de M. Trump, qui devait rencontrer mardi le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour mettre fin à la guerre brutale déclenchée par l’invasion.

Le G7 était autrefois le G8. Barack Obama et un certain Trudeau ne voulaient pas que la Russie en fasse partie », a déclaré M. Trump, en faisant référence à Justin Trudeau, qui a été élu premier ministre un an après le retrait de la Russie. Stephen Harper était alors premier ministre du Canada.

« Je pense qu’il n’y aurait pas de guerre aujourd’hui si la Russie était présente, et qu’il n’y aurait pas de guerre aujourd’hui si Trump était président il y a quatre ans », a déclaré M. Trump. « Ils ont expulsé la Russie, ce qui, selon moi, était une très grosse erreur, même si je ne faisais pas de politique à l’époque.

Pas de rencontre avec Zelensky

La réunion des chefs d’État et de gouvernement du « groupe des 7 »  (Allemagne, Royaume-Uni, Canada, États-Unis, France, Italie et Japon) perd donc son principal animateur. Son départ prématuré signifie par ailleurs que la rencontre bilatérale prévue avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky , n’aura pas lieu. Et les Européens n’ont guère eu le temps de le convaincre de durcir les sanctions sur le pétrole russe, comme l’a de nouveau demandé le président français qui a appelé à « aller beaucoup plus loin » contre la Russie.

Donald Trump, qui vante à chaque occasion sa relation privilégiée avec le président russe, Vladimir Poutine, n’a de toute façon pas caché lundi son scepticisme face à d’éventuelles nouvelles mesures contre Moscou.

« Les sanctions ce n’est pas si simple », a-t-il lancé, soulignant que toute nouvelle mesure aurait un coût « colossal » également pour les États-Unis d’Amérique.

Les dirigeants du G7 pressent Trump d’atténuer sa guerre commerciale

Lundi, l’hôte de la réunion, le Premier ministre canadien, Mark Carney, a au moins réussi à éviter un étalage des divisions, en particulier sur le commerce.

L’objectif de nombreux dirigeants présents était de désamorcer l’offensive commerciale de Donald Trump. Le président des EUA a imposé des droits de douanes de 10 % minimum sur la plupart des produits importés aux États-Unis d’Amérique et menace d’augmenter encore le niveau des taxes.

Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a eu un certain succès. En annonçant avoir réalisé de nouveaux progrès avec le Royaume-Uni, avec lequel les grandes lignes d’une entente commerciale avaient déjà été trouvées en mai, le président états-Unien a ainsi dit à propos des Britanniques : « Je les aime bien, c’est la meilleure des protections ».

Récemment, c’est surtout sur l’Union européenne que le président Trump a concentré ses attaques verbales. Il s’est entretenu au Canada avec la présidente de l’exécutif européen, Ursula von der Leyen, à la demande de cette dernière, a tenu à préciser la Maison Blanche. Elle a indiqué ensuite, sur « X », que les équipes du gouvernement « américain et de l’exécutif européen allaient accélérer le travail en vue d’un accord (commercial) juste et bon. »

Les dirigeants du G7 s’abstiendront de publier une longue déclaration finale – qui fait traditionnellement l’objet d’âpres négociations – et chercheront à privilégier des engagements « courts et concrets » sur divers sujets, selon une source gouvernementale canadienne, maintenant que Trump est loin de la partie.

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