Crise Israël-Iran: l’opposition extérieure iranienne à la manœuvre pour la fin du régime des mollahs?

Entre l’appel à la désobéissance civile lancé par le fils ainé du shah d’Iran Reza Pahlavi aux populations iraniennes et les critiques acerbes de Mahmoud Moradkhani, exilé en France et qui alerte sur les ambitions hégémonique de son oncle Ali Khameni, l’offensive israélienne contre l’Iran va-t-elle sonner la fin du régime des Mollahs dont la défense de la cause Palestinienne ne serait qu’un prétexte pour gouverner alerte M. Moradkhani.

Exilé en France, Mahmoud Moradkhani, neveu de l’ayatollah Ali Khamenei, était l’invité de BFMTV ce mercredi 18 juin. Il critique le régime des mollahs en Iran et alerte sur les ambitions cachées de son oncle. Même son de cloche pour Rehza Pahvali dont le père shah d’Iran a été renversé en 1979, à l’occasion de la révolution islamique. Dans une première vidéo, diffusée dès l’offensive israélienne, le prince en exil demandait à ses compatriotes de profiter de la situation pour prendre leur destin en main, notamment à travers la désobéissance civile. Les deux hommes n’y sont pas allés de mains mortes contre le régime des Mollahs sont-ils appellent à la fin.

La défense de la cause Palestinienne « un prétexte »

Invité ce mercredi 18 juin sur la chaîne de télévision française BFMTV, Mahmoud Moradkhani, exilé en France depuis une quarantaine d’années a martelé qu’au même titre qu’elle l’était pour le dictateur irakien, Saddam Hussein, tombé en 2003 après l’invasion américaine, la défense de la cause Palestinienne serait en fait un  » prétexte » saisi par son oncle pour  » gouverner ».

Réfugié en France et installé dans la banlieue de Lille, le neveu du guide suprême de la Révolution islamique pense que son oncle nourrit les mêmes ambitions que son prédécesseur, Rouhollah Khomeni afin de mettre main basse sur les lieux saints chiites. « Nos frères arabes, et surtout le Maghreb, doivent comprendre que l’objectif de Khomeini était la main mise sur les lieux saints de la région pour créer un état chiite », a martelé devant les caméras de BFMTV.

En effet Khomeni avait pour objectif de s’étendre dans la région. Et surtout, il considérait que les lieux saints comme les villes irakiennes Karbala, et Nadjaf, la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem ou même la Mecque appartiennent aux chiites », explique le réfugié politique. Pour Rouhollah Khomeini, « il était inacceptable que les sunnites gouvernent dans ces régions », précise Mahmoud Moradkhani.

Celui qui a quitté son pays natal à l’âge de 23 ans et qui dit militer et œuvrer pour la réconciliation dans l’opposition iranienne et à la création d’une coalition pour un soulèvement à l’intérieur de l’Iran » alerte le monde musulman afin qu’il sache que « même si Khamenei réussi à s’étendre un petit peu, les sunnites seront en minorité. Ils le sont déjà en Iran, et sont réprimés comme les autres parties du peuple iranien. »

 » L’Iran est entre vos mains et la situation dépend de vous »

Dans une première vidéo, diffusée dès l’offensive israélienne, le prince en exil et fils du shah d’Iran, Rehza Pahvali demandait à ses compatriotes de profiter de la situation pour prendre leur destin en main, notamment à travers la désobéissance civile. « L’Iran est entre vos mains et sa récupération dépend de vous, a lancé Reza Pahlavi, 64 ans. Votre désobéissance, par exemple ne pas aller au travail, arriver en retard ou travailler moins, peut porter un coup fatal au gouvernement », a -t-il insisté.

Un appel adressé aussi aux forces de l’ordre, policiers et militaires, pour qu’ils se séparent de ce régime « corrompu et incompétent » et rejoindre le peuple iranien. Hier mardi, l’héritier du trône iranien est revenu à la charge affirmant que le régime iranien était à bout de souffle et qu’il était prêt à faire face à ses responsabilités. « Il suffit maintenant d’un soulèvement national pour mettre fin à ce cauchemar une fois pour toutes », a -t-il déclaré assurant qu’il y aurait des éléments au sein du régime qui parlent déjà de défections et « en contact avec nous », a-t-il révélé.

Dans cette nouvelle intervention, M. Pahlavi prédit  » l’effondrement de la République islamique de l’Iran » et rassure sur la mise en place d’un régime démocratique tel que le peuple iranien » mérite » au lendemain de la chute de l’actuel régime. Le prince a indiqué avoir pour  » les cents premiers jours » d’après chute un plan suffisant pour éviter à l’Iran de sombrer « dans la guerre civile ou le chaos ».

Un plan sur lequel Rehza Pahvali n’a pas dit grand chose. Selon le magazine « Le Point », le prince soutenait lors d’une interview deux ans plutôt dans leurs colonnes être depuis toujours en contact avec les opposants et la diaspora iranienne et animé un groupe de réflexion pour une transition solide et pacifique en cas de chute du régime en Iran. Un plan d’action qui s’articule autour de l’élection d’une assemblée constituante, d’un référendum constitutionnel et sur la mise en place d’un nouveau gouvernement.

Pourrait-il alors accéder au pouvoir en tant que monarque ? « Il reviendra au peuple iranien de décider », confiait-il au magazine indiquant que « la forme finale sera issue d’un processus démocratique ».

La dynastie des Pahlavi a régné sur l’Iran de 1925 à 1979 jusqu’à l’arrivée au pouvoir de l’ayatollah Khomeiny qui a instauré une république islamique, à savoir une dictature encore pus féroce et sanglante que celle du shah d’Iran. Quand son père est parti en exil aux États-Unis, le prince Reza Pahlavi avait 19 ans, formé comme pilote, il est également diplômé de l’université de Californie du Sud et devient rapidement chef de la maison impériale quand le shah décède en 1980.

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