La République dominicaine a commencé vendredi à prolonger le mur frontalier la séparant de son voisin haïtien, une construction initiée en 2021 par le gouvernement de Luis Abinader pour lutter contre l’arrivée illégale de migrants. La nouvelle section du mur, longue de 13 kilomètres, est en cours de construction dans la province de Dajabon (nord).
La République dominicaine a commencé, vendredi 20 juin, à prolonger le mur frontalier la séparant de son voisin haïtien, une construction initiée en 2021 par le gouvernement de Luis Abinader pour lutter contre l’arrivée illégale de migrants. Les travaux d’extension, qui doivent porter la longueur totale du mur à environ 170 kilomètres, ont débuté vendredi. Symbole de fermeté migratoire, cette séparation a été lancée en 2021 par le gouvernement de Luis Abinader.
Le ministre de la présidence, José Ignacio Paliza, et son homologue de la défense ont dirigé la cérémonie de pose de la première pierre, a précisé le gouvernement, dans un communiqué.
La clôture périmétrique n’est pas simplement une infrastructure de sécurité, mais aussi un symbole de souveraineté, d’intégrité institutionnelle et d’engagement pour la protection du territoire national », a déclaré M. Paliza.
Clôture surmontée de fils barbelés
Le mur, composé d’une base en béton et d’une clôture surmontée de fils barbelés, est une initiative du président Abinader, qui a adopté une ligne dure sur la question migratoire depuis son arrivée au pouvoir, en 2020. La construction du mur a débuté l’année suivante.
Elu en 2020, le président dont la lutte contre l’immigration clandestine est un des chevaux de bataille avait promis de construire ce mur il y a un an. Les travaux coûteront 31 millions de dollars et dureront neuf mois.
La première étape lancée dimanche comptera 54 kilomètres de clôture « dans les zones les plus peuplées et sensibles de la frontière », selon le président. Une deuxième étape prolongera le mur de 110 km. Le mur s’étendra ainsi sur 164 des 380 kilomètres de la frontière poreuse entre les deux voisins qui se partagent l’île d’Hispaniola.
Le mur en béton armé sur lequel sera posée une structure métallique sera haut de 3,90 mètres et épais de 20 centimètres. Il y aura, a ajouté l’armée, 70 tours de surveillance et de contrôle.
Le Premier ministre haïtien, Ariel Henry, avait été informé de projet lors d’une conversion téléphonique avec le président dominicain, le 18 février dernier, selon le quotidien haïtien » Le Nouvelliste ».
La grave crise institutionnelle et sécuritaire en Haïti a conduit sa population à « une situation préoccupante d’instabilité politique et sociale, ainsi qu’une crise économique et alimentaire endémique », a déclaré pendant son discours Luis Abinader, évoquant les soubresauts que traverse Haïti depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse le 7 juillet.
Haïti, le pays le plus pauvre des Amériques, a été mis à genoux par des gangs accusés de meurtres, de viols et d’enlèvements. La violence s’y est intensifiée au cours de l’année écoulée et un nombre record de près de 1,3 million de personnes ont été forcées de fuir pour trouver refuge ailleurs dans le pays, selon l’Organisation des Nations unies. Environ 500 000 Haïtiens vivent désormais en République dominicaine.
En 2024, Luis Abinader a remporté un second mandat en promettant d’intensifier les expulsions. Au cours des cinq premiers mois de l’année, les autorités dominicaines ont expulsé un peu plus de 143 000 Haïtiens sans papiers, selon des données officielles.