France: la CFDT annonce «l’échec» du conclave sur les retraites, François Bayrou a reçu ce mardi les partenaires sociaux pour « trouver une voie de sortie »

Le conclave sur les retraites s’est soldé par un « échec », a annoncé lundi 23 juin dans la soirée Yvan Ricordeau, négociateur de la CDFT, à l’issue de la dernière réunion après quatre mois de concertation entre partenaires sociaux. La fin du conclave est ainsi un moment de vérité pour François Bayrou, qui s’était engagé à en présenter les conclusions devant le Parlement. Mais une voie de passage reste de mise alors que les partenaires sociaux sont reçus ce mardi à Matignon

Les syndicats dénoncent un cuisant « échec », après quatre mois de concertation. François Bayrou, qui assurait ces derniers jours qu’un accord était proche, reçoit les partenaires sociaux ce mardi à Matignon pour une  » voie de sortie ». Il affirme ne pas se satisfaire de l’échec  » si près du but ».

Il veut donner une dernière chance aux discussions. François Bayrou a affirmé, ce mardi matin, qu’il ne se satisfaisait pas de l’échec du conclave sur les retraites « si près du but », et qu’il allait recevoir les partenaires sociaux, pour tenter de trouver « une voie de passage.

Je peux naturellement comprendre qu’on constate un échec lorsqu’on est sur des positions radicalement différentes ou opposées. Mais je ne peux pas accepter sans réagir qu’on se satisfasse d’échouer si près du but », a affirmé le Premier ministre en début de journée depuis l’hôtel Matignon. « Je considère donc que notre devoir est de ne pas baisser les bras et de tout faire pour permettre de dépasser un tel blocage. C’est pourquoi j’ai décidé d’inviter les organisations qui ont travaillé ensemble durant ces quatre mois à me rencontrer dès ce matin pour rechercher une voie de passage dans l’intérêt de notre pays », a-t-il ajouté.

Syndicats et patronat reçus à Matignon

L’entretien entre le Premier ministre, François Bayrou, et les syndicats (CFDT), (CFTC) et (CFE-CGC) était prévu ce mardi à 12h à Matignon. Le chef du gouvernement recevra ensuite les organisations patronales. « On ne va pas être en négociation avec le Premier ministre », a précisé la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, qui a pointé les « lourdes responsabilités » du patronat dans l’échec des négociations.

La CPME, la Confédération des petites et moyennes entreprises, a également annoncé qu’elle ira « bien évidemment » à Matignon, « avec la volonté de trouver un accord », a déclaré son président. Patrick Martin, le président du Medef, a également assuré sur FranceInfo qu’il ira à Matignon rencontrer François Bayrou. « Bien sûr, il faut que le dialogue social se poursuive », a-t-il affirmé. »La voix de passage, elle existe », a-t-il poursuivi.

Un échec du conclave après quatre mois de discussions

Après quatre mois de concertations, le conclave des retraites s’est finalement soldé par un « échec », ont annoncé tard lundi soir les partenaires sociaux. « Le constat est fait que le patronat ne bougera pas sur la réparation de la pénibilité (c’est-à-dire ouvrir sur des départs anticipés, ndlr) c’est un échec de la négociation », a déclaré Yvan Ricordeau, représentant de la CFDT. Syndicats et patronat se sont renvoyé la responsabilité de cette impasse. La CPME a dit « regretter » également ce désaccord dans un communiqué, un échec « d’autant plus incompréhensible », selon elle, « que tous les partenaires sociaux partageaient la même volonté de se voir transférer la gouvernance du système de retraite selon les mêmes modalités que l’AGIRC ARRCO ».

Le principal point d’achoppement tournait autour de la finalité d’une reconnaissance de l’usure professionnelle : les syndicats y voient une ouverture aux départs anticipés à la retraite, le patronat privilégie d’autres pistes, telles que la prévention ou la reconversion. 

Un « échec monumental » selon LFI, le PS prêt « à la censure »

Après l’échec des négociations sur les retraites, La France insoumise a appelé les autres groupes de gauche, et tout particulièrement le parti socialiste, à se joindre à une motion de censure du gouvernement Bayrou. « La méthode Bayrou est un échec monumental », a tancé le groupe LFI-NFP dans un communiqué, Sur « X », Jean-Luc Mélenchon dénonce une « mascarade » et appelle à « faire partir Bayrou »

Le Parti socialiste, lui, « ira vers la censure » du gouvernement si François Bayrou ne donne pas le dernier mot au Parlement, a prévenu mardi son Premier secrétaire , Olivier Faure. « François Bayrou s’était engagé par écrit à ce que le Parlement ait le dernier mot. Si le Parlement n’est pas saisi, si nous n’avons pas la possibilité de déposer des amendements qui permettraient de définir quelles seraient les conditions d’un retour à l’équilibre en échange d’un retour à 62 ans, effectivement, nous irons vers la censure », a déclaré Olivier Faure.

Laisser un commentaire