En Syrie, les autorités ont annoncé lundi 23 juin avoir arrêté plusieurs personnes en lien avec l’attaque terroriste qui a frappé la veille une église de Damas. Attribué à l’organisation État islamique, l’attentat a fait 25 morts et 63 blessés, un bilan sans précédent depuis la chute du régime de Bachar Al-Assad. La nouvelle n’empêche cependant pas la communauté chrétienne d’accuser les autorités mais aussi leurs représentants religieux de ne pas avoir su les protéger.
Au moins 25 personnes ont perdu la vie, 63 blessées, dans un attentat suicide commis dimanche 22 juin à l’intérieur de l’église Saint-Élie de Damas, dans le quartier de Dwelaa, selon les autorités.
Selon un témoignage relayé par l’AFP, « quelqu’un est entré dans l’église avec une arme » et a commencé à tirer. Puis des fidèles « ont essayé de l’arrêter, avant qu’il ne se fasse exploser ». L’individu a été présenté par les autorités syriennes comme un membre du groupe État islamique ( EI).
L’UE fustige une attaque « odieuse et lâche contre des Chrétiens »
L’Union européenne a dénoncé une attaque « odieuse et lâche contre des Chrétiens » en Syrie, au lendemain de l’attentat dans une église à Damas qui a fait au moins 25 morts. L’UE « condamne fermement » cet « attentat » qui « rappelle avec gravité la nécessité d’intensifier les efforts contre la menace terroriste et d’assurer la défaite durable de Daech et d’autres organisations terroristes », a déclaré un porte-parole de la Commission européenne
Un vide sécuritaire qui a permis la préparation d’attentats
Il s’agit de la première attaque anti-chrétienne documentée depuis l’accession au pouvoir des nouveaux maîtres de la Syrie, une coalition dirigée par la Hayat Tahrir al-Cham (HTC).Cette coalition rebelle a fait tomber le régime de Bachar al-Assad le 8 décembre 2024.
L’EI n’a pas revendiqué l’attentat. Et si plusieurs pistes sont envisageables, « celle de [l’EI] demeure crédible », analyse Fabrice Balanche, maître de conférences à l’Université Lyon 2.
En s’emparant du pouvoir, les nouveaux maîtres de la Syrie avaient suscité une inquiétude quant au sort réservé aux minorités dans un pays gouverné par un ancien jihadiste, Ahmed al-Charaa.
Le nouvel homme fort de Damas a opéré dans des groupes armés en Irak jusqu’en 2013, année où il fondait Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda.
Les faits donnèrent raison aux inquiets, début mars, dans l’ouest du pays. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme ( OSDH), plus de 1500 personnes ont été tuées. Majoritairement des civils issus de la communauté alouite, celle du clan Assad.
Un mois plus tard, près de Damas, la violence endeuillait les druzes. Non loin d’une centaine d’entre eux périrent dans des combats à caractère confessionnel .